Brexit ou Brexin : quelles conséquences sur les marchés ?

Brexit ou Brexin : quelles conséquences sur les marchés ?

Brexit ou Brexin : quelles conséquences sur les marchés ?

Brexit : le compte à rebours est lancé

À l’heure qu’il est, bien malin celui qui pourrait prédire l’issue du référendum organisé, le 23 juin, au Royaume-Uni sur le maintien du pays dans l’Union européenne. Alors, Brexit (quitter l’UE) ou Brexin (y rester) : that’s the question que se posent encore quelque 15 à 20 % d’indécis.

Qui cherche des certitudes en Grande-Bretagne, les trouvera dans les indices économiques : le FTSE 100 (autrement dit le panier des 100 plus grandes capitalisations britanniques à la bourse de Londres, calculé par le Financial Times) est l’un des seuls indices boursiers à présenter une performance positive depuis le début de cette année (year to date).

Dans ce contexte, si le oui à l’Europe l’emporte, le marché britannique offre de belles opportunités tant les investisseurs ont sous-pondéré ces actions dans leurs portefeuilles. De plus, l’indice FTSE 100 se compose pour 40 % d’actions défensives et offre des rendements supérieurs (hors secteur des matières premières) : deux caractéristiques fortement prisées pour échapper à la triple faiblesse actuelle des marchés (croissance, taux d’intérêt et coefficient bêta indiquant la volatilité d’un titre par rapport aux marchés).

En revanche, en cas de victoire du Brexit, les pronostics vont vers une volatilité accrue en Europe ainsi que sur le marché des devises. Nous continuons donc à encourager la réduction des risques de volatilité au sein des portefeuilles, en favorisant les stratégies de diversification multi asset.

 

Dollar : la dynamique de la devise impacte le monde

À l’heure où tout le monde espérait voir la parité s’établir entre l’euro et le dollar, c’est un autre scénario qui s’est joué avec la dépréciation de la devise américaine face à la monnaie unique européenne. Trois facteurs expliquent cette faiblesse du dollar.

 


  • En premier lieu, il faut pointer le manque de proactivité de la présidente de la Réserve centrale américaine (la Federal reserve ou « Fed »), Janet Yellen. Alors que les marchés s’attendaient à voir la Fed augmenter ses taux et, dans la foulée, leur devise s’apprécier, il n’en a rien été. En partisane du « dovish », Janet Yellen plaide pour le maintien de taux bas afin de relancer l’économie : les marchés en ont tiré leur conclusion en se tournant vers d’autres devises plus attrayantes.


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  • Le deuxième facteur en jeu se situe en Asie, plus précisément en Chine où la dévaluation inattendue du yuan (CNY), décidée en 2015 par la Banque centrale chinoise, a entraîné une hausse d’un grand nombre de devises asiatiques. À l’époque, la dévaluation chinoise a eu un impact négatif sur l’ensemble de l’Asie et a contraint certaines banques centrales de la région à revoir leur politique monétaire et budgétaire. La stabilisation, ensuite, du CNY a conduit à une réappréciation des devises émergentes, attirant les investisseurs vers ces dernières au détriment du dollar US.


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  • La troisième explication de la faiblesse de la devise américaine se trouve dans la hausse des prix des matières premières ainsi que des devises qui leur sont fortement corrélées. Cette hausse, combinée au message-clé de la Fed indiquant qu’un dollar à de tels niveaux ne dérangeait pas sa politique, a permis aux pays émergents exportateurs de matières premières ou qui ont connu une forte hausse du crédit en dollars de retrouver un certain équilibre.


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Dans ce contexte, il reste important de souligner que la faiblesse des exportations américaines n’est pas majoritairement causée par la valorisation du dollar mais bien par le ralentissement de la croissance économique mondiale. De plus, contrairement aux autres économies comme la Chine, l’Allemagne, le Japon ou la Corée, un dollar fort a moins d’impact sur la consommation intérieure aux États-Unis. En effet, un dollar fort induit, pour l’économie américaine, une diminution des coûts des biens importés, au bénéfice du pouvoir d’achat des ménages.

 

L’or : de retour au sein des portefeuilles ?

Face aux conséquences possibles d’un Brexit et au poids du dollar sur les marchés, le renchérissement des prix de l’or ces dernières semaines n’étonne personne.

À l’aube d’un Brexit, il sera en effet intéressant de s’arrêter sur le comportement de la Fed et sur les implications d’une hausse ou non des taux. Il est certain que la Fed prendra la peine d’évaluer les performances économiques dans les différentes régions du monde. Un Brexit impliquerait en tout état de cause une période d’incertitude sur les marchés : de quoi pousser les investisseurs à chercher l’abri de valeurs sûres (les « safe haven »). Un résultat serré du référendum de juin et, a fortiori, un Brexit constitueraient le départ de feu d’un regain de volatilité sur les marchés entraînant le dollar et l’or à la hausse, tandis que la Fed pourrait postposer sa possible hausse des taux à la rentrée.

 

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