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Les Bourses se dirigent en terrain inconnu

Par Marc Danneels, Chief Investment Officer - 08/01/2021

Quel effet la vaccination aura-t-elle sur la Bourse ?

Le lancement de la campagne de vaccination contre le coronavirus nous permet d’espérer une reprise de l’économie au second semestre 2021. Nous avancerons toutefois en terre inconnue.

Découvrez les perspectives de marché 2021

D'une récession atypique vers une reprise atypique ?

Pour le moment, les marchés ne semblent tenir compte que des facteurs positifs : l’arrivée d’un vaccin devrait relancer la consommation, la victoire de Joe Biden aux États-Unis suscite beaucoup d'espoir et les banques centrales devraient prolonger leurs mesures de soutien. Le redressement risque toutefois d'être atypique. Contrairement à une reprise classique, les répercussions de la crise de la Covid-19 doivent être digérées, notamment la probable vague de faillites et l'impact sur l'emploi. De plus, les déficits budgétaires sont élevés – plus de 8 000 milliards de dollars l'année dernière1 – et le niveau d'endettement des entreprises augmente.

La reprise sera donc progressive et incertaine. Il n'y a donc rien de surprenant à ce que l'OCDE estime la croissance économique en 2021 entre -2,75% et + 5%.

Marché des actions : pas de rotation cyclique classique

Étant donné que la récession déclenchée par le coronavirus n’est pas une récession cyclique habituelle, il serait hasardeux de présumer purement et simplement que les actions cycliques profiteront du redressement de l’économie aux dépens des actions de croissance, qui sont sorties grandes gagnantes de la crise de 2020. La rotation observée après l’annonce des bons résultats de certains vaccins en novembre porte à croire le contraire. Dans l’espoir de voir l’activité économique revenir à la normale avec la distribution du vaccin, ce sont en effet les secteurs les plus pénalisés par la crise, les actions cycliques et les actions de valeur comme les actions d’entreprises énergétiques et d’institutions financières, qui sont revenues en force au détriment des vainqueurs de 2020, les secteurs ayant profité du confinement et du télétravail avec un cours qui a parfois augmenté jusqu’à 30 % . Sur le marché des actions américaines, les détaillants en ligne tels qu’Amazon et les autres Big Tech (Google) ainsi que les entreprises de communication, de matériel et logiciels, d’articles de rénovation pour maison et bien évidemment, quoique de façon plus modeste, de produits pharmaceutiques ont même enregistré une hausse du cours de leur action allant jusqu’à 50 %2 .

Nous prévoyons que les actions de croissance continueront à profiter de vents structurels favorables en 2021. Les banques centrales ne sont pas enclines à augmenter les taux d’intérêt alors que les niveaux d’endettement ont atteint des sommets. Les investisseurs ont ainsi tendance à ne pas faire de distinction entre les bénéfices actuels et les bénéfices futurs des entreprises, ce qui favorise celles en pleine croissance. Contrairement à une récession cyclique, il convient toutefois de rappeler que les valorisations de ce type d’actions demeurent fort tendues. Les actions de valeur classiques comme les services d’utilité publique seront intéressantes dès l’instant où elles distribueront à nouveau des dividendes.

L’année 2021 sera donc celle de la sélection, de la composition d’un portefeuille comprenant tant des actions de croissance que des actions cycliques et des actions de valeur mais aussi de la recherche d’entreprises sous-évaluées. Cela signifie qu’au-delà de régions et secteurs spécifiques, nous devons analyser le potentiel au niveau des entreprises.

Tendances irréversibles et nouveaux objectifs politiques

Certains secteurs d’activités profitent tout de même de la modification des comportements en matière de travail et de consommation, laquelle s’est encore un peu plus intensifiée avec le pic pandémique. D’autres tireront parti des plans de relance.

La crise a, par exemple, incontestablement donné un coup d’accélérateur aux phénomènes de transition numérique, d’automatisation et de commerce électronique. Il convient toutefois de se montrer plus sélectif. On pensera notamment à des entreprises actives dans le domaine de la 5G, de l’internet des objets et de l’informatique en nuage plus qu’aux Big Tech qui ont décroché le gros lot pendant la crise. La valorisation de ces dernières est déjà très élevée et ces entreprises font face partout dans le monde à une contestation grandissante en matière de respect des réglementations et de clauses antitrust.

La lutte contre le réchauffement climatique, qui s’appuie sur les investissements verts et les énergies renouvelables, bénéficie incontestablement des mesures fiscales et budgétaires des plans de relance. Le pacte vert pour l’Europe alloue 30 % des moyens du plan de relance de l’Union européenne aux initiatives « vertes ». Aux États-Unis, Joe Biden a d’ores et déjà annoncé que son pays réintégrerait l’accord de Paris, qui vise la neutralité carbone d’ici 2050. En Chine, la croissance durable est le fer de lance du nouveau plan quinquennal. Enfin, la conférence des Nations unies contre le changement climatique qui se tiendra en novembre 2021 devrait révolutionner nos modes de production et de consommation. Quoi qu’il en soit, il ne fait aucun doute que la problématique de la « durabilité » bénéficiera d’un soutien structurel. Il suffit de penser aux « obligations vertes » ou aux actions liées aux « énergies renouvelables » et aux « infrastructures vertes ».

L’Asie du Nord prend de l’avance

Alors que les États-Unis sont indéniablement sortis grands vainqueurs de la crise financière de 2008, on s’attend à ce que la crise du coronavirus profite aux pays d’Asie du Nord et principalement à la Chine. Cette région a mieux maîtrisé la pandémie que les pays occidentaux et a donc pris une longueur d’avance dans la reprise économique. La Chine sera le seul pays à clôturer 2020 sur une croissance de son PIB de 2 % alors que le reste du monde affiche une contraction de 5 % de la croissance3. Les marchés asiatiques sont en outre avantagés par la faiblesse du dollar, qui continuera à être mis sous pression par l’énorme augmentation du déficit public américain.
Cela s’explique également par des facteurs structurels. La Chine poursuit ses efforts en vue de renforcer la consommation et la croissance intérieures, tandis que ses marchés des capitaux gagnent en ouverture et en maturité. Cela représente un avantage majeur quand on sait que le marché des obligations libellées en renminbi (RMB) représente pas moins de 15 000 milliards de dollars américains4.

De plus, les marchés asiatiques pèsent énormément dans les secteurs d’avenir comme la technologie et les services en ligne. Enfin, l’élection de Joe Biden laisse augurer un dialogue commercial plus constructif avec les États-Unis. On prévoit que l’isolationnisme commercial laissera la place à la création d’alliances entre pays, comme en atteste l’annonce récente d’un traité de libre-échange entre les pays de l’ASEAN incluant notamment la Chine et le Japon. Ces évolutions attenues nous amènent à formuler les prévisions suivantes :

Actions

Les actions semblent pour le moment relativement chères, surtout après la diminution des bénéfices que les entreprises ont connue en 2020 et qui est allée jusqu’à - 35 % en Europe5. Les injections massives de liquidités par les banques centrales, chiffrées à 28 000 milliards de dollars américains6, n’y sont pas étrangères. Les marchés semblent avoir intégré les mesures supplémentaires de soutien monétaire.

Il sera essentiel en 2021 de voir dans quelle mesure le redressement des bénéfices des entreprises contribuera au cours des actions. Si nous nous en tenons aux valorisations actuelles établies sur la base des projections de bénéfices mondiaux à douze mois, soit 34 %7, les cours semblent corrects. Cela signifie qu’en 2021, les marchés seront plus sensibles à la réalité économique et qu’à l’apparition du moindre doute sur les vaccinations, ces mêmes marchés réagiront avec volatilité au gré des craintes et des espoirs.

Notre préférence va à la composition d’un portefeuille mixte d’actions de croissance, cycliques et de valeur. Pour ce qui est des actions de croissance, il conviendra d’éviter les titres dont la valorisation est exagérément élevée et de leur préférer les actions liées à des activités qui présentent un potentiel en dehors du contexte de confinement. Concernant les actions de valeur, il faut se méfier des value traps : les entreprises peuvent être bon marché pour de bonnes raisons. Les actions de valeur classiques telles que les services d’intérêt public pourraient redevenir intéressantes dès qu’elles distribueront à nouveau des dividendes, et les industrielles pourront profiter des réouvertures progressives après la pandémie.

Sur le plan thématique, nous pensons notamment aux énergies renouvelables, aux fournisseurs d’infrastructures technologiques comme la 5G et aux entreprises actives dans le domaine de l’intelligence artificielle et des mégadonnées, qui peuvent bénéficier des plans de relance économique.

Bien que les possibilités de placement se situent davantage au niveau des secteurs et des entreprises particulières que dans des zones géographiques bien déterminées, il convient de garder les aspects suivants à l’esprit :

  • Nous évitons une position « surpondérée » dans les États-Unis. Les marchés d’actions y sont au plus cher, notamment du fait de la forte pondération des titres des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft). À plus court terme, on est en droit de craindre qu’une nouvelle vague de la pandémie ait, après l’Europe, un impact sur la reprise de l’économie aux États-Unis.
  • La zone euro offre des possibilités. Les actions de valeur cycliques, qui ont une grande pondération en Europe, pourraient rattraper progressivement leur retard sur les actions de croissance en cas de reprise économique en 2021. Nous évitons une exposition importante sur le Royaume-Uni. Bien qu'un "accord de Noël" ait été conclu in extremis entre le Royaume-Uni et l'UE, l'accord ne permet pas encore un commerce sans barrières. Nous nous attendons donc à de nouvelles négociations et à des tensions potentielles entre les deux parties dans les mois (et années ?) à venir. L’élément déterminant est l’incertitude qui plane sur la livre sterling et donc la rentabilité des entreprises exportatrices britanniques.
  • La Chine et l’Asie du Nord, comme la Corée et Taïwan, présentent de bonnes perspectives de croissance. Ces pays ont pu entamer plus rapidement leur reprise et les marchés des actions y sont moins chers que dans les pays occidentaux. Les marchés des capitaux y sont devenus également plus performants sur le plan structurel, ces pays ont un niveau d’endettement réduit et la région mise de manière optimale sur les tendances à long terme telles que les nouvelles applications technologiques. On s’attend également à ce que les vents contraires causés par les fortes tensions commerciales s’atténuent.
  • Les actions japonaises peuvent, dans une certaine mesure, compléter le portefeuille. Elles sont très bon marché et la Banque centrale japonaise continue de soutenir les cours. Il s’agit d’un marché cyclique capable de tirer profit d’une reprise de l’économie et d’une bonne couverture contre les tensions géopolitiques.

Obligations

Dans le contexte actuel marqué par la (quasi-)nullité des taux d’intérêt et la crainte de répercussions macro-économiques comme la suppression d’emplois et la hausse du nombre de faillites, l’investisseur obligataire doit plus que jamais veiller à gérer les risques liés aux taux d’intérêt et à rechercher la qualité du crédit.

  • Les obligations d’État sont peu rentables, mais constituent une bonne source de diversification. Avec une dette publique globale équivalente au PIB mondial, il est vraisemblable que les banques centrales maintiendront encore longtemps des taux d’intérêt faibles. Les États-Unis, en particulier, pourraient se voir confrontés à une pression inflationniste découlant de l’accroissement significatif de la masse monétaire associé à l’inflation des prix susceptible d’émerger si l’offre ne satisfait pas la demande de consommation différée. La Banque centrale américaine a abandonné son objectif d’une inflation fixe de sorte qu’il est peu probable qu’elle relève les taux en cas de reprise de l’inflation. Tous ces éléments limitent les chances de rendement sur obligations d’État. Selon nous, les obligations d’État de la périphérie de la zone euro présentent encore plus de potentiel.
  • Nous privilégions les obligations d’entreprises de haute qualité. Elles pourront continuer à compter sur le soutien de programmes de rachat par les banques centrales. Compte tenu de l’endettement considérable des entreprises pendant la crise, nous nous orientons vers les obligations d’entreprises capables de traverser la crise plutôt que vers les obligations à haut rendement.
  • Les obligations des pays émergents offrent des primes de risque intéressantes par rapport aux régions classiques. La probabilité d’apaisement des relations commerciales et la faiblesse structurelle du dollar américain, favorable aux flux des capitaux vers ces régions, pourraient profiter à cette catégorie d’actifs. Nous avons donc opté, concernant les investissements dans cette région, pour une combinaison de « devises fortes » (USD) et de « devises locales ». Le dollar américain sera sûrement mis sous pression, mais il reste moins volatile que les devises locales sur les marchés émergents.

Conclusions

En 2021, l’investisseur abordera donc avec optimisme la reprise économique, mais il traversera une période volatile où espoirs et craintes se succéderont : espoirs suscités par les campagnes de vaccination, et craintes alimentées par des données macro-économiques pessimistes qui reflètent de manière différée l’impact réel de la pandémie et par certaines questions brûlantes sur la scène politico-commerciale qui pourrait s’avérer plus compliquée que prévue.

Pour composer un portefeuille d’investissements performants, il faudra donc saisir de manière sélective les occasions offertes par cette « nouvelle réalité » tout en veillant à garantir la résilience du portefeuille. La diversification et la régularité des placements permettront d’y contribuer.

Vous trouverez une analyse complète de notre vision des marchés financiers ici.

 

Sources :

1. Institute for International Finance
2. Bloomberg
3. IMF
4. HSBC
5. LFAM
6. Federal Reserve, ECB, Bank of Japan, People's Bank of China
7. LFAM

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