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Comment investir après le coronavirus ?

Par Marc Danneels, Chief Investment Officer - 05/07/2021

Investir en période d’incertitude

La flambée actuelle des prix des biens et des services est-elle transitoire ou structurelle? Pour les investisseurs en actions ou en obligations, beaucoup de choses en dépendent.

 

Découvrez les perspectives pour le reste de l'année

 

Un an après que le coronavirus nous ait plongés dans une grave récession1, quelqu’un semble avoir appuyé sur le bouton de redémarrage. Mais, que l’on ne s’y trompe pas, il ne s’agira pas d’une reprise classique. Elle ne sera, en effet, ni douce ni progressive. Le risque de surchauffe de l’économie et de hausse de l’inflation est immédiat notamment aux États-Unis, où les prix des biens et des services étaient en moyenne supérieurs de 4,2 % (en avril) à leur niveau de l’année précédente2. Cette situation s’explique, d’une part, par un pouvoir d’achat supplémentaire des familles de quelque 5 000 milliards de dollars découlant de la chute des dépenses pendant la pandémie. D’autre part, les entreprises sont moins à même de répondre à la demande de biens, car elles ont dû fermer leurs portes depuis un certain temps et leurs lignes d’approvisionnement en matières premières et en composants sont encore perturbées. En Europe, l’inflation s’accélère aussi, mais à un niveau nettement inférieur à celui des États-Unis, à savoir 1,6 % (avril)3.

Il convient que les investisseurs surveillent de près cette dynamique inflationniste car elle va de pair avec une augmentation des taux d’intérêt à long terme. Résultat : les actions sont moins attrayantes et les investisseurs obligataires doivent relever de nouveaux défis.

Transitoire ou structurelle ?

Il est donc important de déterminer la nature transitoire ou structurelle de la reprise de l’inflation et la réaction des banques centrales. La FED (Banque centrale américaine) insiste sur sa nature « transitoire »4. L’inflation pourrait encore augmenter dans un premier temps, mais elle se normaliserait à nouveau en 2022. La FED ne relèvera donc pas les taux d’intérêt officiels, du moins pas avant 2023, ni ne réduira son soutien à l’économie.

Néanmoins, les responsables politiques nous préparent à ne pas supposer aveuglément que la politique monétaire restera très accommodante à l’infini. Janet Yellen, Secrétaire d’État au Trésor, a déjà décrit une surchauffe de l’économie américaine comme un réel danger5.

Dans tous les cas de figure, ce sera un défi pour les banques centrales. Un resserrement soudain de leur politique pourrait étouffer la croissance économique, mais, par contre, une position trop accommodante pourrait donner un caractère structurel à l’inflation. En Europe, la hausse des taux d’intérêt entraîne une augmentation des charges d’intérêt sur les dettes publiques faramineuses.
Compte tenu de l’origine « pandémique » de la hausse des prix des biens et des services, nous pensons qu’il y a peu d’arguments plaidant en faveur d’une inflation structurellement plus élevée. Néanmoins, il convient de garder un œil sur les banques centrales. Un retrait progressif des politiques d’expansion monétaire à un moment donné peut être approprié pour éviter que l’inflation ne devienne un problème structurel.

Quoi qu’il en soit, les craintes relatives à l’inflation et aux taux d’intérêt resteront un thème clé au cours du second semestre de l’année. Nous prévoyons dès lors une volatilité accrue sur les marchés des actions et des obligations. Chaque fois que les investisseurs évaluent un risque d’inflation plus élevé, cela tempère l’optimisme sur les marchés. Les actions mondiales ont atteint un niveau 80 % plus élevé que leur plus bas niveau de mars 20206, grâce au soutien des banques centrales et des autorités. Selon la Banque centrale européenne (BCE), les valorisations sont « d’une exubérance remarquable »7.  S’y ajoute une dette publique sidérale susceptible d’entraîner une hausse des impôts et on le voit toutes les conditions d’une correction sont réunies. Selon nous, une volatilité accrue accompagnée d’éventuelles corrections modérées ne devrait pas décourager les investisseurs. Les valorisations sont, en effet, tendues, mais après que les marchés ont pris une « brève bouffée d’air », les investisseurs seront en mesure de repositionner leurs portefeuilles. Cependant, nous devons continuer à faire preuve de prudence et à veiller à ce que l’optimisme excessif ne cède pas la place au pessimisme du jour au lendemain. Cela pourrait être le cas si les prévisions de croissance élevée des bénéfices se révèlent beaucoup trop optimistes.

Actions

Les actions de croissance et les large caps, Big Five en tête, ont été les grands gagnants de la période placée sous le signe du coronavirus. Elles ont en effet bénéficié de l’évolution des modes de consommation et de la tendance au télétravail8. De plus, en raison des faibles taux d’intérêt, les investisseurs sont plus intéressés par des bénéfices potentiellement importants dans un avenir (lointain). Un scénario idéal pour les entreprises en forte croissance.

Aujourd’hui, nous assistons à une rotation des styles. Les actions de type « valeur » et les actions cycliques sont à nouveau prisées. Une reprise économique spectaculaire au second semestre et une pression à la hausse sur les taux d’intérêt à long terme pourraient consolider cette situation. Nous n’ignorons pas pour autant les valeurs de croissance, mais nous attachons plus d’importance à la rentabilité durable dans la sélection de ces sociétés en expansion. Prenez les actions des banques et des assureurs. Le faible niveau des taux d’intérêt à court terme et la remontée des taux d’intérêt à long terme, qui leur permettent de lever des fonds à bas prix et de les prêter un peu plus cher, leur offrent de bonnes perspectives. Les small caps, quant à elles, bénéficient de la tendance à l’achat local. En outre, les petites entreprises ont tendance à être plus agiles.

Compte tenu de ce qui précède, nous optons pour une approche équilibrée entre valeur et croissance, mais à un prix raisonnable. Dans le domaine des technologies de l’information, par exemple, nous préférons les fournisseurs de logiciels aux fournisseurs de matériel, car les flux de bénéfices sont plus durables.

Au niveau régional, nous prévoyons que l’Europe et les marchés émergents rattrapent les États-Unis. Leurs activités ont un profil plus cyclique. En outre, la campagne de vaccination en Europe a démarré plus lentement, de telle sorte que son impact peut être attendu avec un certain retard.  Enfin, le marché des actions américaines est dominé par les actions de croissance à grande capitalisation et relativement chères.

Pour les marchés émergents, il convient bien sûr de tenir compte des risques (géo)politiques spécifiques et d’un renforcement temporaire du dollar, mais à plus long terme, nous tablons plutôt sur une dépréciation du billet vert. Néanmoins, ces pays bénéficient généralement de la réouverture des économies mondiales. Les actions chinoises, en particulier, offrent des possibilités de diversification.

Obligations

Les conditions volatiles du marché des taux d’intérêt invitent également à la vigilance des investisseurs obligataires.

Aux États-Unis, nous prévoyons une pression à la hausse sur les rendements à long terme, alors que la FED maintient les taux à court terme à un niveau bas. En Europe, un phénomène similaire est de mise, mais avec une inflation plus faible. Cette situation offre aux investisseurs la possibilité de tirer un avantage tactique des variations soudaines des taux d’intérêt. Les obligations d’État chinoises se prêtent à la diversification. Elles sont très faiblement corrélées aux obligations d’État des marchés établis.

Dans le segment des obligations d’entreprises, nous privilégions la sélectivité et la qualité. Nous évitons les obligations des sociétés qui ont atteint une forte rentabilité à une seule reprise pendant la pandémie.

La hausse des rendements obligataires américains est défavorable pour les obligations des marchés émergents, car elle entraîne le reflux de capitaux vers les États-Unis. Néanmoins, pour des raisons de diversification, une exposition limitée aux obligations des marchés émergents reste opportune. Nous optons pour des obligations de sociétés asiatiques qui peuvent surfer sur la vague de la croissance économique chinoise. De cette manière, nous nous protégeons d’une dépréciation du dollar.

En conclusion

Le second semestre de l’année s’est distingué par des valorisations élevées dans pratiquement toutes les classes d’actifs, assorties à des craintes d’une hausse de l’inflation et des taux d’intérêt à long terme. Cette situation devrait se traduire par une volatilité accrue et d’éventuelles corrections.

Elle nous permet de repositionner notre portefeuille, notamment en renforçant nos positions dans les actions cycliques et de rendement.

Entre-temps, l’économie continue de bénéficier de taux d’intérêt bas et de mesures de soutien des autorités. Si les États-Unis sont premiers de cordée, la Chine renforce sa position de deuxième économie mondiale.

Les investisseurs obligataires devraient être flexibles et nous préférons les stratégies qui peuvent bénéficier d’un positionnement dynamique sur les courbes de rendement.

Une analyse complète de notre vision des marchés financiers pour le prochain semestre est disponible ici.

 

Sources:

  1. https://blogs.imf.org/2020/04/14/the-great-lockdown-worst-economic-downturn-since-the-great-depression/
  2. https://www.worldbank.org/en/research/publication/inflation-in-emerging-and-developing-economies
  3. Eurostat
  4. https://www.bloomberg.com/news/articles/2021-05-13/fed-leaders-are-confident-inflation-is-transitory-here-s-why
  5. CNBC, 4 mai 2021
  6. MSCI, 31 mai 2021: MSCI World Index
  7. ECB, Financial Stability Report May 2021
  8. MSCI data

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