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Comment faut-il investir en 2022 ?

Par Marc Danneels, Chief Investment Officer - 07/01/2022

Investir en 2022

La reprise économique que tout le monde espérait a eu lieu en 2021. Mais l’année à venir, les cartes seront à nouveau redistribuées : inquiétudes concernant l’inflation et les taux d’intérêts, ralentissement de la croissance chinoise, cherté du marché boursier américain et transition inéluctable vers une économie verte… 2022 sera l’année durant laquelle les investisseurs devront se défaire de leurs vieilles habitudes et préparer leur portefeuille à une nouvelle réalité.

 

Découvrez les perspectives pour 2022

 

Pendant des années, les économistes ont annoncé la mort du spectre de l’inflation, mais ce dernier semble avoir eu un nombre de vies étonnant, dans l’ère post-corona. Cette inflation est due, entre autres, à la rareté des pièces et au manque de capacités de transport, mais surtout à la hausse des prix de l’énergie et à l’inflation des salaires.

La réaction des banques centrales sera cruciale : réduiront-elles leurs programmes de relance ? Que feront-elles des taux d’intérêt ? Nous nous attendons au moins à ce que la Fed mette fin à ses achats d’obligations à la mi-2022 et cette même Fed a annoncé à la mi-décembre qu’à partir de ce moment-là, suivra aussi une augmentation progressive des taux d’intérêt. La BCE devrait rester un peu plus favorable, certes en réduisant le rythme de ses achats d’obligations, mais aucune hausse des taux d’intérêt n’est attendue en 2022.

Pour les investisseurs en obligations, il s’agit donc de choisir des gestionnaires de fonds actifs capables de transformer ces changements de politique monétaire en opportunités. Concernant les actions, on optera pour des secteurs qui peuvent facilement répercuter leurs coûts sur les consommateurs, comme celui des produits de luxe. Toutefois, une grande différence subsistera entre les entreprises quant à leur pricing power, on préférera donc les fonds avec un fort bottom-up. Les obligations d’État représentent un défi en période de hausse des taux d’intérêt, mais elles peuvent toujours avoir un rôle à jouer dans un portefeuille diversifié.

 

États-Unis versus Europe

Principalement en raison du boom technologique, les marchés boursiers américains ont pris une longueur d’avance sur leurs homologues européens au cours des dernières années, et la pandémie de coronavirus a même renforcé cette tendance. L’Europe semble cependant faire un retour en force. Le rôle relativement plus favorable de la BCE a déjà été mentionné, mais nous prévoyons aussi que la croissance économique dans la zone euro dépassera celle des États-Unis pour la première fois depuis des années. En outre, les marchés boursiers européens sont moins chers que les américains1, et les entreprises européennes commencent de plus en plus à revoir leurs prévisions de bénéfices à la hausse. Le profil ESG plus prononcé de nombreuses entreprises européennes joue également en leur faveur. Les fortes hausses des cours en 2021 devraient probablement être plus limitées cette année, en lien avec des perspectives de croissance des bénéfices moins spectaculaires pour 2022, ce qui rend la sélectivité et l’avantage des marchés moins chers encore plus importants.

Pour l’année à venir, la distinction entre ‘croissance’ et ‘valeur’ sera moins décisive et il conviendra surtout de miser sur la ‘qualité’ : un bilan solide, une rentabilité à long terme, des avantages concurrentiels majeurs et un engagement en faveur du développement durable. Nous repérons encore des opportunités dans des secteurs de valeur cycliques comme les banques et le secteur de l’énergie, mais également dans le secteur de croissance classique de la technologie. Toutefois, dans ce dernier (que l’on estime déjà globalement cher), on préfèrera la cybersécurité, le cloud, l’IA et l’analyse de données à la ‘Big Tech’ classique.

 

La Chine

La Chine n’était pas dans les bonnes grâces des investisseurs l’an dernier. Avec pour cause le ralentissement de l’économie, l’effritement des données macroéconomiques, le renforcement de la réglementation gouvernementale et la crise du marché immobilier. L’emprise accrue du gouvernement chinois sur l’économie ne se desserrera très probablement pas rapidement, car celui-ci souhaite œuvrer en faveur d’une plus grande égalité sociale et d’une répartition plus équitable de la prospérité. Ainsi par exemple, la concentration du pouvoir dans le secteur de la technologie est surveillée de près par Pékin, et il semblerait que le gouvernement ne soit pas prêt à voler au secours des promoteurs immobiliers qui ont accumulé d’énormes dettes et attisé la spéculation.

Il est néanmoins très peu probable que la rentabilité à long terme des entreprises soit compromise. La Chine ne mettra pas en péril ses ambitions, sur le marché des technologies par exemple, en se montrant trop stricte. En outre, le plan visant à générer une plus grande égalité sociale pourrait pousser davantage de gens à venir grossir les rangs de la classe moyenne, qui deviendrait ainsi le moteur de la future croissance économique. Enfin, parmi toutes les grandes banques centrales, la BPC sera celle qui devrait laisser la plus grande marge de manœuvre aux mesures de relance monétaire et budgétaire.

Surtout si on les compare aux actions américaines, les chinoises sont aujourd’hui attrayantes. Le pays du dragon offre donc des opportunités. Le marché immobilier par exemple, fortement pénalisé, se montre à nouveau attractif en se stabilisant. Et comme l’on s’attend à une poursuite des mesures de relance monétaire, nous considérons aussi les obligations d’État chinoises d’un œil positif.

 

Les marchés émergents

Les autres marchés émergents (hormis la Chine) continueront à bénéficier d’une belle croissance économique en 2022, bien que moins élevée que cette année. Pour les économies très ouvertes, orientées vers l’exportation, comme quelques pays asiatiques et le Mexique, la reconstitution des stocks au niveau mondial après la période corona leur apportera un soutien temporaire. Temporaire, car cette tendance ne devrait pas se maintenir tout au long de l’année 2022. Le refroidissement du marché immobilier chinois pourrait avoir des conséquences sur les producteurs de matières premières en Amérique latine. Une nouvelle restriction monétaire risque en particulier de confronter le Brésil à une baisse de la demande intérieure. Les pays producteurs de pétrole et de gaz (comme la Russie) profiteront quant à eux des prix élevés de l’énergie.

Dans ces pays, le risque politique reste un facteur important. Les élections présidentielles brésiliennes, les tensions entre la Russie et l’UE et la gestion de l’inflation par la Turquie doivent donc certainement être prises en considération par les investisseurs.

Concrètement, sur les marchés émergents, nous plaidons en faveur d’une gestion très active et sélective, sans suivre purement et simplement un benchmark. Dans le segment High Yield, après la correction due à la crise immobilière chinoise, nous nous tournons vers les obligations asiatiques.

 

Les défis climatiques

La montée en puissance des ESG (environnementaux, sociaux et de bonne gouvernance) comme critères d’investissement se poursuivra sans relâche en 2022. Les gouvernements l’encouragent fortement par une réglementation plus rapide et plus stricte et en plaçant la ‘durabilité’ au cœur de leurs programmes de soutien et de leur politique fiscale et budgétaire. D’ici 2027, l’UE souhaite consacrer un quart de son budget à long terme aux initiatives en faveur du climat. Les États-Unis ont à nouveau ratifié l’Accord de Paris et la loi ‘Build Back Better’ de l’administration Biden prévoit 500 milliards USD2 pour lutter contre le changement climatique.

Les institutions financières suivent : la ‘Glasgow Financial Alliance for Net Zero’, une coalition de banques, gestionnaires de fonds et assureurs, va mobiliser 130 000 milliards d’euros (!) d’ici 2030 en faveur des entreprises et des activités qui soutiennent la transformation de l’économie mondiale vers une économie aux émissions nettes neutres en CO2.

La direction prise est claire, les investisseurs ont donc intérêt à éviter les entreprises qui ne peuvent ou ne veulent pas opérer ce revirement. Une approche thématique peut être une bonne stratégie pour investir dans un thème ESG spécifique (la transition énergétique par exemple), mais mieux vaut ne pas exagérer ni suivre les modes de trop près. Vous pouvez également opter pour des fonds dont le gestionnaire a intégré une approche ESG cohérente à chaque étape de son processus de sélection et d’investissement. Enfin, les ‘Green Bonds’ méritent d’être mentionnées, à savoir des obligations qui financent des projets ‘verts’ très spécifiques. Ce marché est en pleine croissance et devrait le rester pendant un certain temps encore.

 

Une analyse complète de notre vision des marchés financiers pour 2022 est disponible ici.

 

Sources:

1. HSBC (22/12/2021): Fwd P/E S&P500 22.2 vs MSCI Europe 14.8

2. CNBC  19/11/2021

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