La Bourse digérera-t-elle rapidement la crise du coronavirus ?

L’année 2019 s’était bien terminée, mais l’optimisme a été de courte durée.

Le coronavirus a eu un impact sans précédent sur l’économie et les marchés financiers. Un recul de l’épidémie ne résoudra pas tous les problèmes d’un coup. Quelle attitude l’investisseur doit-il adopter ?

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L’année 2019 s’était bien terminée. Une solution au différend commercial entre la Chine et les États-Unis semblait se dessiner. Les données macroéconomiques affichaient aussi une évolution prudemment positive.

L’optimisme a toutefois été de courte durée. Début 2020, trois milliards de personnes ont dû se confiner à cause du coronavirus1. Des secteurs entiers se sont retrouvés à l’arrêt suite à l’interdiction d’exercer leurs activités ou à la pénurie de matières premières. La demande de biens et services a en outre fortement baissé.

Pour la première fois depuis la Grande Dépression de 1929, les économies du monde entier sont entrées ensemble en récession. L’Europe, les États-Unis et le Japon s’attendent à une contraction de 6,1 % de leurs économies2. Les pays émergents connaissent également un net recul.

Contrecoup

La crise affecte les résultats des entreprises. Au lieu d’une augmentation de 10 % du bénéfice par action, une baisse de 10 à 20 % est attendue aux États-Unis et en Europe3.

Ces prévisions se sont traduites par des ventes massives d’actions en mars. En moyenne, les Bourses ont perdu 20 %. Les actions du secteur de l’énergie ont été le plus durement touchées. En plus de la pandémie, elles ont subi une guerre des prix entre les pays pétroliers. Dans le même temps, les rendements des obligations d’État ont chuté parce que les investisseurs se sont tournés vers des placements plus sûrs.
 
En avril, l’espoir est revenu, alimenté par le déconfinement progressif et un paquet de mesures d’incitation inédites prises par les banques centrales. Les autorités sont également montées au créneau avec une batterie d’aides fiscales et budgétaires.

Optimisme excessif

Lors des sept dernières périodes de crise, il a fallu en moyenne deux ans pour tourner la page de la récession4. Le rétablissement actuel des Bourses indique que la sortie de récession est attendue pour la fin juin. Aux États-Unis, l’indice S&P 500 a connu sa plus forte hausse boursière de ces 30 dernières années. Nous trouvons cette réaction trop optimiste.

Premièrement, on ignore encore s’il faut s’attendre à un rebond de l’épidémie.

Par ailleurs, les tensions se ravivent entre les États-Unis et la Chine, accusée d’être responsable de l’épidémie. Elles pourraient déboucher sur une nouvelle guerre commerciale et amener les États-Unis à interdire les investissements dans les entreprises chinoises.

Les élections américaines ne sont pas non plus dénuées de risques. Donald Trump rempilera-t-il ou laissera-t-il la place à un démocrate ?

Nous tenons aussi les taux d’intérêt à l’œil. Les dettes publiques s’accumulant, les pays ont tout intérêt à ce que ceux-ci restent faibles, voire négatifs. Il est essentiel de surveiller le niveau d’endettement de chaque pays et d’évaluer qui des États, des entreprises ou des ménages courrait le plus de risques en cas de modifications des taux.

On peut craindre que les États utilisent leurs budgets pour sauver des secteurs non durables. Cela pourrait éroder la confiance dans la monnaie et faire monter de ce fait les taux. La stagflation est le pire des scénarios : une croissance économique atone combinée à une inflation élevée.

Entre-temps, les marchés financiers cherchent à prendre le pouls de l’économie réelle. Les résultats des entreprises au deuxième trimestre seront importants car au premier trimestre, il n’y avait eu que deux semaines de confinement.

À la mi-juin, par exemple, les marchés ont déjà eu un premier aperçu de la nouvelle volatilité attendue. Avec l'annonce par la Réserve fédérale que les taux d'intérêt devront être maintenus à zéro au moins jusqu'en 2022 compte tenu de la situation économique. De plus, les craintes d'une seconde vague de contagion en Chine et d'une accélération de la contagion aux États-Unis et en Amérique latine, ont poussés les investisseurs à procéder des prises de bénéfices.

Stratégie de placement

Pour déterminer notre stratégie de placement, nous nous focalisons sur la maîtrise de la volatilité des marchés financiers, l’évolution des taux d’intérêt, les effets des mesures sur les entreprises durables et la révolution technologique.

Du côté des actions, nous choisissons les gagnants structurels : soins de santé, informatique, communication et consommation discrétionnaire. Nous avons une attitude neutre à l’égard du secteur manufacturier et des valeurs bancaires classiques. En Europe, nous optons pour les actions de qualité et aux États-Unis, pour les valeurs de croissance.

Pour ce qui est des obligations d’État, nous prenons en considération la confiance dans la monnaie, le risque d’augmentation des taux et le retour possible de l’inflation. Quant aux obligations d’entreprises et aux obligations à haut rendement, nous surveillons la solvabilité de l’émetteur d’un œil vigilant.

Vous trouverez une analyse complète de notre vision des marchés financiers ici.

 

Sources:

1. Reuters
2. IMF: https://www.imf.org/external/datamapper/NGDP_RPCH@WEO/OEMDC/ADVEC/WEOWORLD
3. La Française Asset Management
4. Bloomberg

 

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