Marchés financiers : comment investir en 2026 ?
Après les ruptures de 2025, les marchés devraient connaître un véritable changement de régime en 2026. Quelles tendances suivre et quelles opportunités saisir ?
L’année 2025 restera comme un tournant pour les marchés financiers. Derrière une conjoncture globalement résiliente, plusieurs ruptures ont émergé et redessinent déjà l’environnement dans lequel évolueront les investisseurs en 2026.
Guerre commerciale
Le premier choc est venu de la politique commerciale des États-Unis. À travers une série de droits de douane imposés dès le printemps, Washington a ravivé la fragmentation commerciale mondiale. Sur le sol américain, ces droits de douane élevés, combinés à une politique d’immigration restrictive, continuent de pousser les coûts à la hausse et d’alimenter la dynamique salariale.
Cette configuration complique la tâche de la Réserve fédérale américaine, qui doit jongler entre pressions inflationnistes persistantes, dégradation progressive du marché de l’emploi et tensions ponctuelles sur les marchés monétaires. Cette situation l’a notamment contrainte à rouvrir légèrement le robinet des liquidités. Dans ce paysage incertain, la frontière entre croissance, récession et stagflation (mélange toxique de croissance molle et d’inflation élevée) apparaît plus ténue que jamais.
Intelligence artificielle
L’économie américaine a toutefois pu compter sur le boom de l’intelligence artificielle, qui a connu une accélération spectaculaire en 2025. Alors que les investissements se comptent désormais en centaines de milliards de dollars et en gigawatts de puissance électrique, les acteurs du secteur dominent sans partage les marchés boursiers américains, à l’image de Nvidia, devenue la première entreprise mondiale en termes de capitalisation.
Cette concentration nourrit un paradoxe : l’IA reste un moteur de croissance, mais les investisseurs s’interrogent de plus en plus sur la rentabilité future de ces investissements colossaux et sur la capacité des entreprises à transformer les dépenses en bénéfices tangibles. En fin d’année, le marché a ainsi commencé à surveiller plus attentivement les flux de trésorerie, la visibilité sur la monétisation et la discipline financière. Ce recentrage ramène les fondamentaux à l’avant-plan.
Quid du dollar ?
Pour les investisseurs internationaux, l’effet le plus marquant de la politique de l’administration Trump aura finalement été la dépréciation du dollar en 2025. Le billet vert a été affaibli par des dégagements de plus en plus visibles des banques centrales asiatiques et d’Europe de l’Est, qui troquent une partie de leurs bons du Trésor pour de l’or. Un mouvement alimenté à la fois par un contexte géopolitique tendu et par la montée des doutes autour de la soutenabilité de la dette américaine.
Le dollar restera au coeur des discussions et pourrait encore une fois être déterminant pour les investisseurs.
Vers une potentielle reprise européenne
Les marchés européens ont largement profité de ce rééquilibrage en 2025, même si la reprise économique tant attendue tarde encore à se matérialiser pleinement. Les perspectives pour 2026 pourraient s’améliorer. Mais les divers fronts géopolitiques (Groenland, quid de l’Island pour les data center US, Ukraine,…) pourront être vu comme une épée de Damoclès sur la performance européenne.
Il est toujours bon de souligner que les déficits européens plus faibles ont permis d’assouplir sa discipline pour soutenir notamment les dépenses de défense face aux multiples menaces géopolitiques. L’Allemagne a par ailleurs annoncé un vaste plan d’investissement dans les infrastructures, doté de 500 milliards d’euros. Les marchés espèrent voir cette promesse non réalisée en 2025 prendre forme en 2026
Cet environnement plus porteur devrait potentiellement soutenir la poursuite de la revalorisation des marchés actions européens. La dynamique, surtout tirée par les pays périphériques en 2025, pourrait progressivement se recentrer sur le noyau dur de la zone euro.
Marchés émergents
Autre retour notable en 2025 : les marchés émergents ont retrouvé de l’élan dans le sillage de la Chine après une longue traversée du désert. Les perspectives pour 2026 restent au beau fixe, soutenues notamment par le recul du dollar, les mesures de relance en Chine et la vigueur de la demande mondiale en matières premières.
Plusieurs marchés émergents continuent ainsi d’offrir des opportunités en actions comme en obligations. Mais la sélectivité reste plus que jamais nécessaire dans un environnement marqué par la démondialisation et par des divergences régionales plus marquées qu’auparavant.
L'or rouge
Très surveillées tout au long de 2025, notamment en raison de la politique commerciale américaine, les matières premières terminent l’année sur un bilan contrasté : envolée de l’or et du cuivre, inquiétudes persistantes autour de l’approvisionnement mondial en terres rares, et recul du pétrole dans un marché surabondant.
Les perspectives pour 2026 s’annoncent plutôt favorables, en particulier pour le cuivre, porté par deux tendances majeures : l’essor de l’intelligence artificielle et l’électrification accélérée de l’économie.
Du côté des métaux précieux, au-delà de l’or qui conserve son rôle de valeur refuge dans un contexte de défiance monétaire, l’argent bénéficie de sa forte utilisation dans les panneaux photovoltaïques et l’électronique.
Conclusion
L’année 2026 s’ouvre donc dans un environnement plus complexe. Ces trois éléments clés seront essentiels pour s’y frayer un chemin.
- Le retour aux fondamentaux : les marchés ne se laissent plus (uniquement) guider par l’euphorie ou les effets de mode. La qualité des bilans, la visibilité des flux de trésorerie et la solidité des modèles d’affaires reprennent toute leur importance.
- Une sélectivité accrue dans un monde fragmenté : les politiques économiques et monétaires divergent d’une région à l’autre, les secteurs d’activité sont tiraillés notamment par l’essor de l’IA ou la montée du protectionnisme. Dans cet environnement hétérogène, la performance dépendra autant du choix des entreprises que d’une diversification géographique dynamique.
- La réactivité prime : protectionnisme, tensions géopolitiques, inflation imprévisible, technologies en mutation… autant de facteurs qui exigent une gestion capable d’ajuster les portefeuilles rapidement en fonction des événements.
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