Marchés financiers : aperçu de la situation
Par Yves Kazadi, Senior Analyst - 23/10/2026
Des perspectives favorables malgré les incertitudes
Les marchés financiers abordent la fin de l’année dans un environnement globalement porteur, soutenu par les solides bénéfices des entreprises et des perspectives macroéconomiques qui restent favorables. Plusieurs facteurs pourraient toutefois raviver la volatilité1 dans les prochaines semaines. Notre scénario reste donc constructif pour les différentes classes d’actifs, mais la prudence et la sélectivité restent de mise.
La Réserve fédérale et les résultats d'entreprises au coeur de l'attention
Le marché de l’emploi américain s’est révélé moins dynamique que prévu en septembre, avec 29.000 créations d’emplois non agricoles, soit quatre fois moins qu’en août, et une légère hausse du taux de chômage, à 4,2 %2. Ces chiffres plaident en faveur d’une approche progressive de la Réserve fédérale américaine (Fed), sans resserrement monétaire3 brutal à court terme malgré les tensions inflationnistes4 persistantes. La patience de la Fed reste déterminante pour les marchés. Une normalisation graduelle de sa politique monétaire contribuerait à préserver un environnement favorable aux actifs risqués, tandis qu’un relèvement plus rapide et plus marqué des taux raviverait les inquiétudes concernant la croissance et les valorisations.
La saison des résultats du troisième trimestre constitue un autre rendez-vous majeur. Les investisseurs restent globalement optimistes après un deuxième trimestre particulièrement solide, marqué par une croissance des bénéfices de 20 % en Europe5 et de 50 % aux États-Unis6, selon Factset. Si les attentes pour le troisième trimestre peuvent sembler élevées, avec une croissance bénéficiaire prévue de 25 % à 30 %, plusieurs indicateurs conjoncturels mondiaux7 se sont améliorés au cours de la période, laissant entrevoir de nouvelles performances solides.
L’intelligence artificielle devrait continuer à soutenir les bénéfices, en particulier chez les grands acteurs technologiques. Les résultats de ces géants seront d’ailleurs particulièrement scrutés, leur capacité à répondre aux attentes pouvant peser sur l’orientation des marchés d’ici à la fin de l’année.
Une plus grande sélectivité sur les marchés d'actions
Les valeurs cycliques mondiales liées à la technologie et à l’intelligence artificielle ont affiché les meilleures performances relatives ces derniers mois. En revanche, les secteurs cycliques8 plus traditionnels restent à la traîne, pénalisés notamment par l’impact des prix de l’énergie sur les consommateurs. Une reprise cyclique durable nécessiterait un marché du travail plus solide, une résilience économique confirmée et la poursuite de la désinflation9. La réunion de ces conditions reste incertaine.
À l’approche des élections américaines de mi-mandat en novembre, il deviendra d’autant plus important d’adopter une approche sélective sur les marchés actions. Selon la composition du Congrès après le scrutin, les investisseurs pourraient être confrontés à des orientations politiques différentes, voire à une situation de blocage. Ces scénarios sont susceptibles d’influencer les perspectives de certains secteurs et de renforcer les écarts de performance entre entreprises.
Dans l’ensemble, les facteurs fondamentaux continuent de plaider en faveur des actifs risqués. Ainsi, le taux de chômage aux États-Unis reste faible et les résultats des entreprises demeurent positifs. Il existe toutefois toujours un risque que la volatilité et les écarts de performance s’accentuent au cours de l’automne.
Les obligations à court terme restent à privilégier
Sur les marchés obligataires, la remontée des taux d’intérêt mérite une attention particulière. Si elle ne menace pas, à ce stade, l’équilibre des marchés boursiers, elle conforte la préférence des investisseurs institutionnels10 pour les obligations à échéance courte, tant aux États-Unis qu’en Europe. Moins sensibles aux fluctuations des taux, celles-ci offrent par ailleurs des rendements suffisamment élevés pour compenser largement l’inflation avec une approche diversifiée.
Sources :
- La volatilité désigne l’ampleur des fluctuations des cours des actifs financiers, tels que les actions et les obligations, sur une période donnée. Plus les fluctuations sont importantes, plus la volatilité est élevée.
- Source : U.S. Bureau of Labor Statistics
- Le resserrement monétaire est une politique par laquelle une banque centrale cherche à limiter la masse monétaire et l’octroi de crédits, notamment en relevant les taux d’intérêt. L’objectif est généralement de freiner l’inflation.
- Les pressions inflationnistes désignent les facteurs qui exercent une pression à la hausse sur les prix des biens et des services, par exemple la hausse des salaires, l’augmentation des prix des matières premières ou une demande soutenue. Ces facteurs peuvent entraîner une hausse de l’inflation.
- Source : https://insight.factset.com/stoxx-600-europe-delivers-one-of-its-strongest-q2-earnings-growth-rates-in-years-led-by-energy
- Source : https://advantage.factset.com/hubfs/Website/Resources%20Section/Research%20Desk/Earnings%20Insight/EarningsInsight_101626.pdf
- Les indicateurs conjoncturels sont des données économiques qui permettent d’évaluer la situation économique et son évolution potentielle. Ils aident à déterminer si l’économie est en croissance, ralentit ou entre en récession.
- Les secteurs cycliques sont des secteurs économiques dont les performances dépendent fortement de la croissance ou du ralentissement de l’économie.
- La désinflation désigne un ralentissement de l’inflation : les prix continuent d’augmenter, mais à un rythme moins soutenu qu’auparavant.
- Les investisseurs institutionnels sont de grandes organisations qui investissent des capitaux pour leur propre compte ou pour le compte de tiers, généralement pour des montants importants. Par exemple: les fonds de pension, les banques, les gestionnaires de fonds etc.