Marchés financiers : aperçu de la situation

Par Yves Kazadi, Senior Analyst - 11/03/2026

Guerre au Moyen-Orient : devez-vous vous inquiéter pour vos investissements ?

L’éclatement de la guerre en Iran et sa propagation à l’ensemble du Moyen-Orient ravivent les inquiétudes sur les marchés financiers. Les investisseurs redoutent avant tout l’émergence d’un nouveau choc énergétique à la suite de la décision de l’Iran de fermer le détroit d’Ormuz, par où transitent près de 20 % du pétrole mondial.

 

Sur les marchés, le baril de Brent a ainsi atteint un pic de 119 dollars le 9 mars, en hausse de 64 % depuis la fin février1. Et le marché du gaz n’est pas épargné : QatarEnergy a stoppé sa production de GNL (gaz naturel liquéfié)2, contribuant à l’envolée des prix. Le gaz néerlandais TTF, référence en Europe, a ainsi bondi au-delà de 60 euros, soit près du double de son niveau de fin février.

Prises de bénéfices

Du côté des Bourses, les marchés européens et émergents ont particulièrement souffert depuis le début des attaques israélo-américaines en Iran. Une réaction qui n’a rien de très surprenant. D’une part, l’Europe comme l’Asie restent d’importants importateurs d’hydrocarbures. Même en pleine transition énergétique, le gaz demeure notamment indispensable pour assurer l’approvisionnement électrique européen, surtout à cette période de l’année, et pour soutenir l’électrification de l’économie.

D’autre part, ces marchés s’étaient particulièrement distingués ces derniers trimestres. Ils subissent donc en priorité les prises de bénéfices des investisseurs. Par exemple, certains investissements dans les valeurs technologiques asiatiques ont ainsi été réalloués vers les grandes valeurs technologiques américaines alors que le dollar demeure une devise refuge en période de crise, malgré les récents doutes.

Un historique rassurant

Faut-il pour autant s’inquiéter ? L’histoire des marchés invite à relativiser. Les événements géopolitiques ont généralement un impact important… mais souvent temporaire. En moyenne, les Bourses retrouvent leur niveau initial au bout d’à peine trois mois3. Le principal contre-exemple reste la guerre du Kippour en 1973, qui déboucha sur le premier choc pétrolier et plongea l’économie mondiale dans la récession, entraînant les Bourses dans un marché baissier durable.

À ce stade, il reste toutefois prématuré d’évoquer un scénario comparable. D’une part, les pays disposent de réserves stratégiques de pétrole. Les États du G7 ont d’ailleurs déjà signalé leur volonté d’y recourir si nécessaire afin d’apaiser les tensions sur les marchés énergétiques. D’autre part, les tensions actuelles sur les prix n’ont rien de comparable avec celles du premier choc pétrolier, lorsque le prix du baril avait plus que quadruplé. Rappelons que les pays de l’OPEP avaient volontairement réduit leur production et même décrété un embargo vis-à-vis de certains pays. En comparaison, pour l'instant, il ne s'agit que de perturbations logistiques.

Approche tactique

Dans ce contexte, il n’est pas vraiment nécessaire de revoir votre stratégie d’investissement sur le long terme. En revanche, l’approche tactique peut être ajustée autour de deux axes principaux pour coller au mieux aux tendances sur les marchés. D’une part, favoriser à court terme les entreprises présentant le moins de sensibilité à la hausse des prix des matières premières utilisées dans l’alimentaire (cacao, sucre) et réduire l’exposition aux petites et moyennes capitalisations qui sont notamment concernées, car elles disposent souvent de moins de marge de manœuvre pour répercuter rapidement la hausse des coûts.

De l’autre part, certains segments du marché apparaissent mieux positionnés dans un tel environnement. C’est évidemment le cas des secteurs de l’énergie et des matières premières. Mais aussi, plus largement, des valeurs dites à faible volatilité : des entreprises proposant des biens et services essentiels, indispensables tant pour les ménages que pour les entreprises. Leur résilience est davantage recherchée en période de grande incertitude.

 

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