Marchés financiers : quelles opportunités pour le second semestre 2026 ?
Malgré un contexte géopolitique tendu, les marchés ont poursuivi leur progression au premier semestre. Quels thèmes façonneront les tendances au second semestre ?
Le premier semestre 2026 a rappelé à quel point les marchés financiers sont capables de s’adapter à des événements inattendus. Conflit au Moyen-Orient, fermeture du détroit d’Ormuz, tensions commerciales persistantes, pressions inflationnistes, changement de cap des banques centrales : les sources d’incertitude n’ont pas manqué.
Pourtant, l’économie mondiale a jusqu’à présent résisté et les marchés actions ont poursuivi leur progression, portés notamment par la dynamique de l’intelligence artificielle (IA). Cette résilience ne signifie toutefois pas que tous les actifs ou toutes les entreprises profitent de la même manière de l’environnement actuel. Au contraire, les écarts se creusent et la sélectivité redevient essentielle.
Banques centrales
L’une des principales questions pour les mois à venir concerne l’évolution des politiques monétaires. Face à une inflation1 alimentée notamment par la hausse des prix de l’énergie, plusieurs banques centrales ont déjà repris le chemin du resserrement monétaire.
La Banque centrale européenne et la Banque du Japon ont ainsi relevé leurs taux directeurs, tandis que la Réserve fédérale américaine n’exclut désormais plus de leur emboîter le pas. De plus, on ne sait pas encore clairement quelle orientation le nouveau président de la Fed, Kevin Warsch, entend donner à la politique monétaire américaine.
Au-delà des taux d’intérêt, les banques centrales poursuivent également la réduction de leurs bilans. Ce retrait progressif de liquidités pourrait continuer à provoquer des tensions sur certains segments des marchés financiers et renforcer l’importance d’une sélection rigoureuse des investissements.
L’intelligence artificielle change de visage
L’IA demeure le principal moteur des marchés. Les investissements annoncés par les grands groupes technologiques atteignent des niveaux historiques et continuent d’alimenter une forte demande en infrastructures numériques. Mais le marché semble entrer dans une nouvelle phase. Après avoir récompensé l’ensemble de l’écosystème, les investisseurs cherchent désormais à distinguer les entreprises capables de transformer ces investissements en revenus et en bénéfices.
Cette évolution profite notamment aux fournisseurs de composants, aux fabricants de puces mémoire, aux infrastructures de réseaux ou encore aux centres de données, dont le rôle est central dans le développement de l’IA.
Le retour de la sélectivité
Cette évolution vers une plus grande dispersion des performances dépasse largement le seul secteur technologique. Dans de nombreux domaines, les investisseurs accordent à nouveau davantage d’importance aux fondamentaux des entreprises. La qualité du bilan, la génération de trésorerie, les avantages concurrentiels ou encore la capacité à s’adapter à un environnement économique complexe et mouvant redeviennent des critères déterminants.
Discret retour de l’ESG
Dans le sillage de ce regain d’intérêt pour les fondamentaux, les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) retrouvent également les faveurs des investisseurs, qui les abordent désormais sous un prisme davantage économique qu’idéologique. La fermeture du détroit d’Ormuz a rappelé l’importance de la sécurité énergétique et des chaînes d’approvisionnement. Les entreprises ayant investi depuis plusieurs années dans l’efficacité énergétique, la diversification de leurs sources d’approvisionnement ou une meilleure gestion des risques apparaissent aujourd’hui mieux préparées à faire face aux perturbations. L’ESG tend ainsi à redevenir un facteur de résilience et de compétitivité.Opportunités sur les marchés émergents
Longtemps restés dans l’ombre des marchés américains, plusieurs marchés émergents retrouvent également de l’intérêt. En Asie, le développement de l’IA soutient les producteurs de semi-conducteurs et de composants technologiques. En Amérique latine, certains marchés bénéficient de la demande mondiale en matières premières et de la montée en puissance des investisseurs institutionnels locaux. Les obligations émergentes continuent ainsi d’offrir des rendements attractifs dans un contexte où les investisseurs restent à la recherche de revenus.
Conclusion
Le second semestre 2026 s’annonce riche en opportunités, mais aussi en défis. Trois enseignements nous paraissent particulièrement importants :
- La sélectivité redevient essentielle : les écarts de performance entre entreprises, secteurs et régions continuent de se creuser.
- Les tendances structurelles restent porteuses : intelligence artificielle, infrastructures, transition énergétique ou marchés émergents continuent d’offrir des opportunités intéressantes à long terme.
- La flexibilité constitue un atout majeur : tensions géopolitiques, inflation, banques centrales et élections américaines peuvent rapidement modifier l’environnement de marché et justifier des ajustements stratégiques.
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L'inflation est un phénomène économique caractérisé par une hausse du niveau général des prix des biens et des services dans une économie sur une période donnée. Cela signifie qu'avec un même montant d'argent, on peut acheter moins de biens et de services qu'auparavant.