Onze mois de souvenirs, d’aventures et de rencontres

Xavier Vigin et Mélanie Fallet

Xavier Vigin et Mélanie Fallet

Lui est formateur au Forem. Elle est institutrice. Ils vivent ensemble à Mons depuis six ans et l'envie de voyager les démange depuis plus longtemps encore. Que font deux jeunes qu'attirent irrésistiblement les horizons lointains? Ils bouclent leur sac et s'en vont.

«C'est presque ce que nous avons fait le 1er septembre 2014», sourit Xavier Vigin. «Mais nous nous sommes tout de même un peu préparés», ajoute Mélanie Fallet. De fait, ils ont dû négocier une pause-carrière avec leurs employeurs respectifs, trouver un locataire pour leur maison et choisir une destination.

«J'ai toujours rêvé d'aller en Australie», continue Xavier Vigin. «Dès que nous avons pris la décision de partir, nous avons choisi de commencer par ce continent.» Puis, au fil des humeurs et des recommandations de voyageurs rencontrés au hasard de leurs pérégrinations, ils ont arpenté une bonne partie de l'Asie. La Nouvelle-Zélande, Bali, la Thaïlande, le Laos, le Cambodge et le Vietnam, les Philippines, le Japon… «Nous n'avions rien planifié. Quand nous nous plaisions à un endroit, nous y restions plus longtemps. Sinon, nous quittions les lieux au bout de quelques jours.»

 

Plongée à Bali, troubles à Madagascar

«Au total, nous sommes partis pendant onze mois, avec un retour en Belgique pour participer à la fête de la Ducasse à Mons. Puis nous avons repris l'avion en direction de Madagascar et de l'île de la Réunion. Dans ce genre d'expéditions, on finit par se lier avec d'autres voyageurs. Et l'un d'entre eux nous avait invités chez lui.»

C'est donc à la Réunion qu'ils ont terminé leur périple. En ayant accumulé une moisson de souvenirs. «Un voyage comme celui-là vous permet de découvrir de très près des régions du monde extraordinaires», explique Mélanie Fallet. «Nous sommes restés souvent plusieurs semaines dans chaque pays. Et nous avons assisté à des scènes insolites. Nous avons dîné au Japon dans une brasserie Oberbayern, sans choucroute mais avec des serveuses en costume bavarois authentique. Au Cambodge, près du temple d'Angkor, nous avons découvert des maisons flottantes sur un énorme lac, presque une mer.» «Dans ces cabanes de quelques mètres carrés vivent des familles entières de pêcheurs», précise son compagnon. À Bali, le couple a frôlé l'accident de plongée quand un fort courant contraire s'est soudainement levé. «Nous avions une monitrice suisse mais elle n'était pas parfaitement informée des conditions de la mer. Or, à cette saison, les courants s'inversent brutalement. En quelques minutes, nous étions emportés loin de notre bateau. Nous avons heureusement pu être récupérés un peu plus tard.»

Pour les deux voyageurs, l'alerte la plus chaude s'est déroulée à Madagascar. «Les députés ont réclamé la destitution du président de la République, président élu au suffrage universel. L'armée a dû montrer ses muscles pour calmer le jeu. À ce moment-là, nous ne savions pas si la situation allait dégénérer. Nous avons alors décidé de visiter la campagne, traditionnellement plus calme. Mais avant de rejoindre notre destination, à mille kilomètres de là, nous avons dû rouler pendant six jours en taxi-brousse. Ce n'est peut-être pas notre meilleur souvenir. Quant aux troubles, nous avons vu là-bas, loin de la capitale, le président en tournée qui était acclamé par la population. Les choses étaient rentrées dans l'ordre.»

Un budget très serré

Mais comment finance-t-on un voyage aussi long? «Nous économisions depuis quelques années. Et surtout, nous avons privilégié les petits hôtels, les chambres chez l'habitant grâce à Airbnb, les transports en commun locaux. Nous avons donc fait très attention à nos dépenses.» Mais quel moyen de paiement adopter? Le liquide? «Certainement pas. Nous avons cherché une banque qui puisse nous conseiller au mieux. Des amis nous ont renseigné Beobank. Nous nous sommes alors adressés à Philip Truant, le responsable de l'agence de Mons. Il nous a reçus avec beaucoup de gentillesse et nous a recommandé d'utiliser des cartes de crédit, une Visa et une MasterCard pour être sûrs qu'il y en ait toujours une qui soit acceptée. Il nous a aussi suggéré de conserver un solde positif sur nos cartes pour réduire fortement les frais de retrait. Une astuce qui nous a permis de faire des économies!»

Aujourd'hui, l'envie de repartir tenaille toujours Mélanie Fallet et Xavier Vigin. «Notre prochaine destination pourrait être l'Amérique latine. Mais nous allons attendre un peu: le désir de cocooner chez nous est pour le moment le plus fort.»

Conseils aux candidats voyageurs

Mélanie Fallet et Xavier Vigin sont partis sans programme particulier. Mais pas tout à fait à l'aventure. «La première chose était que nous étions libérés de toute charge familiale puisque nous n'avons pas d'enfants», explique la jeune femme. «Nous sommes également propriétaires de notre habitation, ce qui nous a permis d'éviter les problèmes de déménagement. Pour conserver une source de revenus, nous l'avons cependant mise en location.»

Autre avantage: travaillant dans la fonction publique, le couple a pu compter sur un employeur disposé à leur accorder une pause-carrière. «C'est beaucoup moins évident si vous êtes employé par une petite société.»
Les deux Montois ont évidemment pris les assurances nécessaires, à commencer par l'assurance rapatriement. «Et nous nous sommes documentés en profondeur, même si nous n'avions pas de plan préconçu. Nous savions donc où nous allions atterrir.»

Et sur place, Mélanie Fallet et Xavier Vigin conseillent de profiter au maximum des possibilités d'hébergement abordables. «Les auberges de jeunesse bien sûr, mais aussi les petits hôtels et surtout, Airbnb, ce site qui propose des chambres chez l'habitant.»