Quelles sont les conséquences des sanctions contre la Russie ?

St Pétersbourg, Russie

St Pétersbourg, Russie

Vladimir Poutine riposte aux sanctions infligées par l'Occident à la Russie. D'après nos analystes, la situation actuelle pourrait conditionner les choix de la BCE dans les semaines à venir.

L'Allemagne en a payé les frais au 2ème trimestre
Lors de ces dernières semaines, le DAX a été chahuté. La chute du DAX s'explique par le fait qu'un grand nombre d'entreprises allemandes sont très dépendantes des exportations vers la Russie. La baisse des exportations depuis mars vers la Russie est de l'ordre des 12%. Les commandes et la production industrielle chutent depuis le deuxième trimestre 2014, ce qui coïncide avec les troubles aux frontières russes. L'incertitude dans cette région n'a pas aidé les chiffres de l'emploi dans des pays comme l'Allemagne et la France qui sont commercialement dépendants des exportations en Russie. Et il est peu probable que l'emploi se restaure bientôt dans ces pays. Les entreprises vont devoir augmenter leurs prix et baisser leurs charges salariales pour rester bénéficiaires.

L'Ukraine est-elle l'épine dans le pied de la BCE ?
La désinflation européenne est l'un des phénomènes contre lesquels la BCE tente de s'armer. L'embargo russe soulève également la question de la hausse des prix de l'énergie. Mais la nécessité, pour les entreprises touchées, d'augmenter leurs prix pour rester bénéficiaires est également un sujet de discussion important. En conclusion, si la situation Ukrainienne perdure, le risque d'inflation en Europe deviendra plus important. Les moyens pour aborder la crise de la banque centrale donneront lieu à un scénario de faible croissance économique et non de désinflation. Ce qui aurait deux conséquences :

  • la dynamique d'assouplissement quantitatif s'arrêtera
    --> une plus grande inflation
  • on peut douter de la réussite du programme de stimulation TLTRO qui débutera en septembre.

Russie : touchée mais pas encore coulée
Bien que Poutine ait riposté, les sanctions occidentales ont un impact très important sur l'économie russe. L'interdiction d'importation risque d'entraîner un manque de produits agricoles, la Russie important 35% de ses produits agricoles d'Europe et 6% des États-Unis.

De plus, la faiblesse du rouble, associée à une inflation accrue touchant les produits alimentaires, devrait propulser l'inflation au-delà des 8% actuels. Ce qui pèsera inévitablement sur la consommation, avec un PIB inférieur en conséquence. Le PIB mondial pourrait ainsi diminuer, sans pour autant bouleverser les chiffres actuels.

Selon nos analystes, la banque centrale russe pourrait augmenter le taux d'intérêt en septembre pour lutter contre l'inflation.
Suite à l'interdiction d'importation de produits d'Europe et des États-Unis, le Russie pourrait se tourner vers :

  • l'Amérique latine pour le bœuf
  • l'Asie pour le poisson
  • la Turquie pour les légumes

Comment investir ?
Nos analystes vous recommandent de discuter avec votre conseiller des titres les plus sensibles aux facteurs macro-économiques contenus dans votre portefeuille. En général, il faut faire preuve de prudence avec les titres sensibles à la situation en Russie. Néanmoins, les marchés russes offrent également des opportunités. La Russie dispose ainsi d'énormes réserves de matières premières qui vont drainer une dynamique sur le marché à terme. Une stratégie intéressante consiste par exemple à effectuer des investissements périodiques. Vous pourrez ainsi profiter de l'évolution des cours sur le marché russe.

Il reste également intéressant pour l'instant d'investir sur les marchés émergents, comme l'Asie, ou dans des fonds des marchés émergents à caractère défensif.

Pour en savoir plus ? Contactez votre conseiller Beobank. 

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