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Marchés financiers & COVID-19 : aperçu de la situation

Par Yves Kazadi, Senior Analyst - 03/07/2020

Rôle de la data dans l'analyse COVID-19

COVID-19 : Comment naviguer au travers de la seconde vague ?

Après des semaines de hausse des cas de COVID-19, les USA font face à une crise sanitaire plus grave qu’escomptée. La prise de conscience face à ce risque de rechute suite à un rallye de marché exceptionnel au deuxième trimestre, nous rappelle qu’il est essentiel de ne pas simplement céder à l’euphorie des marchés. Contrairement à d’autres années, le marché estival ne sera certainement pas en reste et comme disait Shakespeare : « Si l’on passait l’année entière en vacances ; s’amuser serait aussi épuisant que travailler ». Lors de cette première série estivale, nous partagerons ensemble l’usage rationnel des données disponibles afin d’extraire certaines pistes d’investissement.  Il sera donc important de comprendre :

  • l’importance de la « data » et de son usage ;
  • comment retraduire les risques épidémiologiques fournis par la data pour les traduire en risques économiques ;
  • les positionnements de marché potentiels pour naviguer au travers de cette seconde vague de COVID-19.

Quelle place aura la « data » dans une seconde vague du COVID-19 ?

Avant de se lancer au cœur de notre réflexion, nous allons voir ensemble ce qu’est la « data » et l’importance que l’on peut y octroyer afin d’être le plus efficace possible dans notre analyse.

La data, ou plus communément appelée donnée, est un chiffre auquel on attribue un sens en fonction du contexte dans lequel on l’utilise. Afin de pouvoir extraire cette donnée, plusieurs outils sont à notre disposition. A titre d’exemple, en février, la smart city (ville interconnectée) de Hangzhou 1 en Chine a mis en place un code QR (code barre permettant de stocker beaucoup de données) qui alimentait une base de données. Ce code QR contenait l’identité, l’adresse de résidence, les conditions de santé, ainsi que l’historique de voyage de l’individu, précisant s’il avait été potentiellement infecté ou en contact avec des personnes suspectées de COVID-19. Chaque province chinoise a pu développer cette approche. Pour endiguer la propagation du virus, il était possible d’interdire le déplacement d’une province à une autre si l’individu était atteint du COVID-19. La Corée du Sud a également développé une telle approche avec du testing pour déterminer avec précision qui est atteint. Grâce à ces données, il a été possible de modéliser le développement de l’infection tout en conservant une vue pratique de la situation (décision politique, analyse des experts médicaux…).

Grâce à ce que l’on appelle le cognitive computing, on peut - au travers des données - résoudre des problèmes sans l’intervention humaine. L’objectif clef du cognitive computing est de trouver des redondances de données ou de comportements qui permettent d’anticiper ou de modéliser des situations futures.

Afin de pouvoir mieux comprendre certains phénomènes liés au COVID-19, nous allons ensemble reprendre certaines données qui pourraient avoir un impact sur l’économie et les traduire au sein de nos choix d’investissement pour Q3.

 

Comment retraduire les risques épidémiques en risques économiques ?

Si l’on se base sur les dernières données médicales fournies par l’OMS 2, on peut distinguer 3 phases d’infections :

  • la phase où le nombre de contamination est plus important que le nombre de personnes soignées, suite à une propagation exponentielle (p.ex. : UK, USA, Brésil) ;
  • le pic d’infection où le nombre de contamination est inférieur au nombre de personnes soignées (p.ex. : France, Indonésie, Philippines) ;
  • la dernière phase où le nombre de contamination est largement inférieur au nombre de personnes soignées (p.ex. : clusters en Allemagne, Chine, Corée du Sud, voire l’Espagne et l’Italie).

Afin de pouvoir mieux synthétiser les potentiels risques, nous allons appliquer un raisonnement déductif mathématique sur base des informations chiffrées disponibles.

De par les données fournies par Google 3 depuis fin février 2020, nous constatons actuellement que la majorité des déplacements effectués en Europe de l’Ouest par les agents économiques montrent : 

  1. une augmentation de 60 % de l'occupation des parking de voitures (usage de parking)
  2. une hausse de 5 %  de l’usage des transports en commun
  3. une baisse de 15 % des déplacements en direction des pharmacies et des épiceries ;
  4. une baisse de 40 % des déplacements vers le lieu de travail, les magasins et les secondes résidences. 

Deuxièmement, grâce aux données soumises par Apple 4, nous savons qu’en termes de recherche d’adresse sur les GPS suite au déconfinement, certains pays ont vu exploser leurs résultats ; l’Italie (+158 %), la France (+132 %), l’Allemagne (+130 %), les USA (+120 %), l’Espagne (+109 %) par rapport à d’autres : UK (+86 %), la Corée du Sud (+74 %) ou le Brésil (+58 %).

Troisièmement, si l’on se base sur les données fournies par Eurocontrol 5, nous devrions connaitre une baisse du trafic aérien de près de 62 % pour le mois de juillet. Cependant, la reprise actuelle est plus manifeste pour l’Italie, l’Espagne et la France.

Il en ressort donc que certains secteurs et régions pourraient être ciblés pour le 3e trimestre :

  • les transporteurs aériens et les vols commerciaux ;
  • le secteur du tourisme (hôtels et agences de voyages) et de la consommation (restauration, magasins, location de voitures…) ;
  • l’énergie.

Durant ces 2 mois de vacances scolaires, ces secteurs auront tous un point commun : la confiance du consommateur face au COVID-19. L’Europe est connue pour être l’une des destinations les plus prisées avec l’Italie, la France et l’Espagne comme destinations préférentielles. Dans certains pays, le poids du secteur touristique représente près d’1/5 du PIB (Croatie (20 %), Grèce (18 %)) 6

Dans un scénario optimiste, il sera primordial pour l’investisseur de segmenter le poids de la consommation du tourisme local face au poids de la consommation du touriste provenant de l’étranger. En effet, certaines économies telles que celles de Malte (90 % des dépenses liées au tourisme proviennent des non-résidents du pays), du Portugal (70 %) et de la Finlande (60 %) sont des économies qui sont fortement dépendantes des dépenses faites par les touristes non-résidents. En revanche, l’Allemagne (80 % des dépenses liées au tourisme proviennent des résidents), la Belgique (65 %) et la France (60 %) peuvent compter sur la consommation des résidents.  

Les statistiques ci-dessus (Google, Apple et Eurocontrol) nous montrent l’ampleur des mesures prises par les gouvernements lors du confinement. En outres, les séquelles ont poussé les entreprises à licencier en fonction de la baisse potentielle des revenus et du niveau de dépendance du poids du tourisme dans leurs économies respectives. Même si plusieurs mesures ont été proposées pour soutenir le secteur telles que la baisse de la TVA et des facilités de ligne de crédits, beaucoup d’entreprises voient leurs consommateurs demander un remboursement en cash (sur des annulations de voyages à défaut de voucher) et se trouveront in fine dans une situation délicate car la trésorerie a déjà été mise à mal durant le confinement (pertes sèches + pertes sur les longs week-ends).

En conclusion, il sera donc nécessaire pour l’investisseur de bien dissocier au sein du :

  • secteur de l’aviation : quels ont été les plans de réduction de capacité de vol (domestique & international), les destinations prédominantes pour la compagnie en fonction du niveau de contamination au COVID-19 et l’activité dans ce pays ou cette région (déplacement plus important ou non des individus). À titre d’exemple, 3 des plus importantes entreprises dites « low cost » ont indiqué qu’elles espéreraient atteindre au mieux 40 % 7 de leur chiffre d’affaires de Q3 2019 cette année.
  • secteur de l’énergie : quelle sera l’amplitude de l’oscillation des prix du pétrole pour les voyageurs, que ce soit pour les déplacements en voiture (longues distances) ou pour le prix des billets (prix du kérosène / tonnes).
  • secteur de la consommation : quelle sera la vélocité à laquelle le COVID-19 se propagera soit sous forme de clusters (impact localisé) soit de manière plus globale (impact étatique).

Quels positionnements de marché préconiserons-nous ? 

Pour rappel, nous entrons dans la phase des résultats d’entreprises de Q2 et certaines entreprises pourraient présenter des résultats décevants. À cet effet, nous continuerons de favoriser :

  • les obligations d'entreprises de qualité notes de crédit (AAA à BBB) et les obligations d'État des pays dits développés ;
  • sur la dette des pays émergents, les pays qui se montrent capables de gérer leur déficit (Chine, Russie et Indonésie) ;
  • sur les marchés d’actions, les secteurs de la tech, de la pharma et des télécoms. Nous resterons aussi vigilants à la propagation du COVID-19 afin de pouvoir profiter ou non des secteurs et des pays fortement dépendants de l’activité touristique.

 

Sources :

1. https://www.cnbc.com/2020/05/26/chinese-city-hangzhou-proposes-permanent-health-tracking-app-with-score.html
2. https://www.who.int/data/data-collection-tools/who-mortality-database
3. https://www.google.com/covid19/mobility/
4. https://www.apple.com/covid19/mobility
5. https://www.eurocontrol.int/covid19#traffic-scenarios
6. https://ec.europa.eu/eurostat/web/tourism/data/database
7. Bloomberg Analytics

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