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Marchés financiers & COVID-19 : aperçu de la situation

Par Yves Kazadi, Senior Analyst - 20/11/2020

Aperçu de marché

COVID-19 : À la rescousse de l’économie entrepreneuriale ?

Alors que les entreprises à grande capitalisation (large caps) bénéficient encore du soutien inconditionnel des banques centrales, un grand nombre de PME ont durant la 1e vague de COVID-19 subi des pertes sèches importantes pendant que d’autres n’ont pas pu se relever.  

Si « la destruction créatrice » avancée par Joseph Schumpeter (économiste du 19ème siècle) prend de plus en plus place au travers de la digitalisation, on ne peut oublier que le tissu industriel s’est toujours tissé autour de l’économie entrepreneuriale qui voyait l’investisseur récompenser uniquement les entreprises qui détenaient l’idée la plus prometteuse et/ou qui géraient bien leurs bilans. 

A titre d’exemple, les « unicorns » ou plus communément appelées licornes dans la Silicon Valley (start-up valorisée à plus d’un milliard de dollars telle que Dropbox, Snapchat, Blablacar, Pinterest) ont connu un troisième trimestre record en termes d’investissement. Près de 1.461 transactions représentant 36,5 milliards de dollars ont pris place durant ce troisième trimestre1. Dans un environnement où la volatilité sur les marchés d’action ne cesse de mettre en doute les investisseurs de long terme, il serait bon de comprendre pourquoi ce que l’on appelle les SPAC (Special Purpose Acquisition Companies) ont connu un tel boom aux USA durant cette période de COVID-19.  

Nous aborderons aussi le cas d’autres investissements alternatifs listés et non listés en bourse afin de pouvoir comprendre de manière sommaire les différences ainsi que les tendances probables qui se dessinent.

Quel est l’intérêt d’une SPAC ?

Les SPAC ou « Special Purpose Acquisition Companies » sont ce que l’on appelle des « blank check companies » . Ce sont des entreprises listées en bourse qui n’ont pas spécialement de business plan, mais qui ont pour fonction de lever de fonds afin de fusionner ou d’acquérir des entreprises.

Lorsque ce véhicule a rassemblé des fonds de manière conséquente, il peut officiellement au travers d’un communiqué de presse cibler une entreprise privée et y investir de manière officielle pour fusionner avec. Plusieurs entreprises ces dernières années ont connu cela, à titre d’exemple: Virgin Galactic (aéronautique), DraftKings (e-gaming).

L’une des raisons principales pour les entreprises d’être acquises par une SPAC est de pouvoir obtenir du financement rapidement via les marchés financiers contrairement aux IPO (Initial Public Offering)2 ou introductions en bourse qui peuvent demander près d’un an pour pouvoir être clôturées et restent fortement corrélées aux sentiments (la volatilité) des marchés. Certes, la finalité d’une SPAC ou d’une IPO est la même, cependant il faut tout de même souligner que le cheminement est bien différent.

Les acquisitions via une SPAC peuvent être finalisées en 8 semaines (vs 1 an pour IPO). Le temps de la déclaration d’enregistrement de l’entreprise est très court et peut se compter en semaines (vs des mois pour les IPO). La divulgation des risques de business ne doit pas être effectuée (vs IPO où il faut déclarer tous les risques possibles) et le bilan comptable historique, lui, ne doit non plus être divulgué.

Il reste utile de préciser que les SPAC existent depuis plus de 20 ans mais c’est à partir de 2018 que le nombre de formation de SPAC a explosé avec la création de 46 SPAC. Cette création de véhicule financier a continué de progresser en 2019 (59 SPAC valant 14 milliards) et cette année près de 169 SPAC valant de 63 milliards3.

Les SPAC, une menace pour le Venture capital et le Private equity ?

Avant de pouvoir les comparer, nous allons d’abord définir le Private equity et le Venture capital.

Le Private equity est souvent associé à un investissement dans des actions représentant la propriété ou un intérêt dans une entité qui n'est ni cotée ni négociée en bourse. Le Private equity a pour source des capitaux d’investissement de fonds de particuliers et d'entreprises fortunées. Ces investisseurs achètent des actions de sociétés privées - ou prennent le contrôle de sociétés publiques avec l'intention de les privatiser et de les retirer des cotations boursières publiques. En général, les acteurs du Private equity sont les grands investisseurs institutionnels et les fonds de pension.

Contrairement à 2019, les levées de fond des Private equity ont baissé passant de 316 milliards à 170 milliards suivant ainsi la tendance des marchés de l’appétit au risque durant cette période de COVID-194.

Le Venture capital quant à lui est un financement accordé aux start-ups et aux petites entreprises qui sont considérées comme ayant un fort potentiel haussier. Le financement provient généralement d'investisseurs fortunés, de banques d'investissement et de toute autre institution financière.

Parmi les secteurs qui ont connu une augmentation de revenu au troisième trimestre, on peut cibler l’internet avec un chiffre record de 12 milliards de dollars d’investissements (représente 35 % des investissements en Venture capital aux US), ensuite la santé avec un chiffre d’affaires de 8 milliards de dollars d’investissements (représente 22 % des investissements en Venture capital aux US) et la télécommunication/ téléphonie mobile avec 4,3 milliards de dollars d’investissements (12 % des investissements)5.  

Si on analyse plus en détail l’investissement dans le secteur de la santé, on constate que la santé autour du digital représente près de 172 deals valant 5,8 milliards (66 % des recettes générées) durant le troisième trimestre6 de 2020. Ces résultats sont quasi le double des trimestres précédents. Pour rappel, la santé autour du digital a pour but de réduire les inefficiences, d’améliorer l’accès aux soins de santé. Plusieurs projets autour de la télémédecine (conférence visuelle entre le patient et le médecin), santé mobile (usage des smartphones afin de monitorer la santé), la télémétrie sans fil, ou l’usage de l’intelligence artificiel pour pouvoir diagnostiquer des cancers montre que les opportunités en termes d’investissement restent colossales7.

En conclusion, les 3 types d’investissement attirent 3 types de profiles différents. On peut percevoir que les projets d’investissement au travers des SPAC tournent autour d’idées8 assez futuristes  se situant entre la science-fiction et la recherche. Dans le cadre du Venture capital, on constate que ces derniers trimestres le financement se recentre plus sur des projets qui tournent autour de la recherche et du développement. Enfin, le Private equity, lui, reste plus proche des projets qui subissent la transition économique dans laquelle nous vivons actuellement.

Quid des entreprises listées ?

Pour les petites et moyennes entreprises cotées en bourse, on peut constater qu’elles ont offert une bonne performance ces 3 derniers mois. Plusieurs raisons peuvent expliquer cet effet de rattrapage de performance :

  • Elles bénéficient du biais entre les actions de croissance et la demande domestique ;
  • L’exposition des investisseurs sur les entreprises à petite capitalisation (small caps) était faible durant cette année 2020 ;
  • L’activité des institutionnels sur cette thématique suite à l’impact du COVID-19 a elle aussi laissé cette classe d’actifs de côté.

Cette bonne performance pourrait continuer jusqu’en début de 2021 car on pourrait constater que :

  • La révision des résultats d’entreprise pourrait être revue à la hausse suite aux effets annonce de certaines banques centrales quant au support à leurs économies (BCE) ou des gouvernements quant à leur vision du futur de leur économie  ;
  • Les résultats des élections américaines quant à une victoire probante de Joe Biden pourraient en effet apaiser les marchés dans son ensemble ;
  • La validation du vaccin contre le COVID-19 devrait aider les marchés financiers à se normaliser en termes d’anticipation des résultats d’entreprises.

Les PME regorgent elles aussi de projets attractifs en passant par la production de bois sous pression qui aide à la construction de pilonnes, de traverses de chemins de fer, bois spécialement traités pour les applications maritimes. On pourrait parler dans le domaine de l’automobile, de l’amélioration de l’acoustique d’une voiture mais aussi l’usage de la technologie pour réduire le poids et la consommation de la voiture. Sans parler des divers développements autour de l’économie dite circulaire (limiter le gaspillage des ressources et l’impact environnemental, et augmenter l’efficacité à tous les stades de l’économie des produits).

Il est donc toujours sage de croire et d’investir dans la puissance innovatrice que les PME dégagent. Elles restent le reflet de notre économie et trop souvent on investit dans les entreprises de grande capitalisation sans se soucier de qui est aux commandes de l’entreprise. A titre d’exemple, deux entreprises chinoises détenues par l’état (SOE : State Owned Enterprise) présentant une note de crédit AAA (qualité la plus sûre en termes de remboursement de la dette) ont subi un défaut de paiement9. Ces deux défauts de paiement ont rehaussé le doute sur le risque de crédit de ces grandes entreprises étatiques ainsi que sur la méthodologie des agences de notation. Actuellement, près de 83 entreprises étatiques chinoises pourraient elles aussi être sous pression car le gouvernement pourrait être moins accommodant pour ce genre d’entreprises qui ne répondent plus au programme quinquennal10 et aux nouvelles normes financières11 .

 

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