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Marchés financiers & COVID-19 : aperçu de la situation

Par Yves Kazadi, Senior Analyst - 11/09/2020

Aperçu de marché

Big Tech et santé : un cocktail explosif ?  

Les géants de la technologie ont dominé les marchés boursiers avec des performances qui sur les 10 dernières années dépassent largement les 200 % sur investissement*. Ces performances ont généré des valorisations extrêmes (ratios financiers), ce qui nous invite à rechercher des entreprises présentant des valorisations beaucoup plus proches de la réalité économique.

Pour Regnier Mathurin (le poète satirique français) : « Qui veut choisir, prend souvent le pire » . Dans ce monde, la grande majorité des investisseurs se cachent furtivement derrière TINA (There Is No Alternative : il n’y a pas d’autre alternative), faisant preuve de peu d'initiative et poussant les prix encore plus haut. Faire comme tout le monde est devenu la norme.

Dans cet article, nous allons ensemble :

  • Analyser les risques de la surpondération auprès des géants de la technologie ;
  • Analyser les potentiels alternatifs dans la poche obligataire et thématique à moyen terme ;
  • Redéfinir l’approche direction sur les secteurs des marchés d’actions pour cette fin d’année.

Big tech et santé : un choix cornélien ?

Ces derniers jours, la baisse des marchés financiers s’est caractérisée par une baisse du secteur de la technologie. Ce secteur qui a connu une surperformance extraordinaire présente une poche de concentration de flux financier sur ce que l’on peut appeler les géants de la technologie (Google, Apple, Facebook, Amazon et  Microsoft). Pour rappel, les géants de la technologie (45 % du S&P) et la santé (15 % du S&P) représentent près de 60 % dans le S&P 500*.  

Dans un environnement hostile (baissier), cette surpondération pourrait avoir diverses conséquences importantes sur les géants technologiques :

  • Au vu d’une potentielle hausse des taux de long terme suite à l’annonce de la FED, le secteur de la technologie qui a bénéficié de la baisse des taux pour s’endetter pourrait voir sa recherche et son développement connaitre un ralentissement profond. De plus, certains projets qui ont bénéficié d’investissements pourraient voir un retrait massif en faveur de projets plus concrets ou tout simplement plus populaires (ex.: Intelligence Artificielle vs Cryptomonnaie et sa finance décentralisée) ;
  • De possibles amendes ou régulations (si Joe Biden gagne les élections aux USA, il veut taxer les géants de la technologie et revoir l’accès à la santé afin de relancer l’Obamacare) ;
  • La découverte d’un vaccin qui aurait un impact sur le télétravail (moins de revenus connus par les géants de la tech).

Dans le cadre des actions pharmaceutiques diverses questions demeurent :

  • Premièrement, est-ce que la population va réellement se faire vacciner dès que le vaccin sera disponible ? Certains sondages montrent clairement qu’aux USA, comme en Belgique, près d’un tiers des résidents ne souhaitent pas se faire vacciner**.
  • Deuxièmement, est-ce que le vaccin fera ses preuves dans le cas où le virus est potentiellement capable de muter ?
  • Troisièmement, est-ce que la confiance (retour de la consommation pré-crise) va réellement revenir suite à la sortie clinique du vaccin ?

Il est important de comprendre que si un programme de vaccination massif n’est pas entrevu en cette fin d’année :  

  • le secteur de l’hôtellerie, du voyage, de l’horeca et des commerces de proximité resteront sous pression de par les restrictions de voyager librement ;
  • certains business (bancaire et services commerciaux) continueront d’être exploités de moitié afin de conserver les distanciations sociales ;
  • la prohibition de larges évènements continuera de peser sur les secteurs connexes au sport et au bien-être (parcs d’attractions et musées).

Quelles alternatives devons-nous préconiser au sein/hors de la partie obligataire ?

Dans un environnement où les taux d’intérêts continuent de rester proches de zéro, plusieurs pistes d’investissement alternatives peuvent être envisagées sur le marché obligataire :

  • Investir dans des marchés dits plus risqués au travers de devises dites « refuges ». Par exemple, investir dans la dette émergente via le dollar US, dans la dette américaine en Yen, ou dans la dette européenne exprimée en Franc suisse. Le Franc suisse et le Yen sont souvent préconisés dans ces périodes économiques car ils présentent un surplus de la balance courante (ce sont des pays qui exportent plus qu’ils importent, même en période de choc économique, et souvent en période de choc économique, la devise s’apprécie de par cette capacité à conserver une activité économique par rapport à d’autres pays) ;
  • Favoriser les obligations d’entreprises US de qualité par rapport aux obligations gouvernementales US. Depuis des années, la majorité de la performance des obligations provenait de la baisse des taux (au travers des assouplissements monétaires de la FED). Vu les faibles niveaux de taux sur les obligations d’état, il est certain que la performance est capée (taux à 10 ans du bon du trésor : 0,68 % vs taux moyen des obligations d’entreprises US : 2,5 %)* par rapport au potentiel des obligations d’entreprises qui présentent un avantage de taux mais aussi un soutien (FED rachète les obligations d’entreprises de qualité) et un intérêt des investisseurs en quête de rente.
  • Détenir de l’or contre les chocs macro-économiques (baisse de la croissance, incertitude géopolitique et récession inflation). L’or pourrait être un « hedge » (une protection) à moyen terme car les banques centrales ont émis massivement des liquidités et à terme des doutes sur la fiabilité de certaines devises pourraient émerger.

Quelles perspectives pour les marchés d’actions ?

On peut d’ores et déjà conclure que les secteurs (finance, assurances, matières premières, industrie, infrastructures) qui ont une corrélation positive à la hausse des taux, restent prisonniers des intentions des politiques monétaires menées par les banques centrales.

Les segments qui ont été secoués par le COVID-19 (hôtellerie, Horeca, énergie, aviation et consommation discrétionnaire) et qui sont tributaires d’un vaccin risquent aussi de rester sous une chape de plomb jusqu’à cette fin d’année.

Les actions de croissance devraient donc continuer de bénéficier de l’environnement de faibles taux et maintenir des multiples élevés (ratio financier).

Quid des actions de valeur ?

Dans le cadre du choix des actions de valeur***, il sera essentiel de bien distinguer les bonnes actions des mauvaises (trappes de liquidités). Bien que les actions de valeur devraient résister à l’impact de la crise du COVID-19, beaucoup d’entre elles présentent un fort niveau d’endettement. Cette situation devrait challenger la validité de la valorisation des ratios financiers des entreprises. À titre d’exemple, une entreprise surendettée ne peut profiter d’investir dans des opportunités de croissance. Il serait donc plus bénéfique pour l’investisseur de s’exposer sur les entreprises dites de valeur à travers la dette (obligations d’entreprises) car les banques centrales préviennent les grandes capitalisations de tomber en faillite alors qu’elles ne peuvent pas prévenir les actionnaires d’une chute violente (tant qu’elles n’achèteront pas d’indices de marchés).

Tant que les mesures prises par les banques centrales ont pour intention de soutenir l’emploi, de réduire les stress de marché et de maintenir le flux de liquidité sur les marchés du crédit, les investisseurs continueront à rester investis sur les entreprises qui présentent de bons résultats comptables ou de faibles effets de levier.

Ces mêmes entreprises devraient continuer à bénéficier des conditions de crédit et in fine voir augmenter leurs ratios d’entreprises (valorisation des bénéfices par action, ratio en relation avec la valeur des fonds propres des entreprises). Aujourd’hui, certains ratios paraissent aberrants mais l’investisseur averti comprendra qu’il faudra surfer entre la fiction des marchés et la réalité de l’économie pour ne pas être perdant, sachant que le Brexit revient sur la table et que les élections auront un impact majeur sur l’ensemble des allocations des gestionnaires de fonds.  

 


Sources :

* Bloomberg Analytics

**  https://www.cnbc.com/2020/09/01/nearly-3-in-4-adults-plan-to-get-a-coronavirus-vaccine-survey-shows.html ; https://www.theguardian.com/world/2020/aug/09/only-half-of-britons-would-definitely-have-covid-19-vaccination

*** Les actions de valeur sont des actions qui sont sous-évaluées. Cela signifie que leur prix est relativement bas par rapport à des facteurs tels que le bénéfice, le dividende, le chiffre d'affaires ou la valeur comptable.

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