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Marchés financiers & COVID-19 : aperçu de la situation

Par Yves Kazadi, Senior Analyst - 19/07/2021

Aperçu des marchés

COVID-19 : Le variant delta, un véritable frein à l’investissement ?

Entre novembre 2020 et mars 2021, les actions qui reflétaient la réouverture de l’économie avaient connu un boost de performance1 grâce à la baisse des restrictions ainsi qu’à l’application de la vaccination. Cette tendance s’est atténuée durant les dernières semaines. L’un des secteurs qui a le plus été touché est le secteur aérien alors que l’on constate que le nombre de vols est depuis le début de l’année à la hausse2.

Malgré le retour d’un nouveau variant, les économistes restent positifs quant à la croissance du second semestre 2021. Ils mettent d’ailleurs en avant plusieurs points, tels que :

  • La normalisation de la croissance devrait être en faveur de l’Europe (9 % de croissance réelle du PIB au deuxième semestre contre 3 % au 1er) et des pays émergents (6 % de croissance réelle du PIB vs 2 % au premier semestre)1 ;
  • Des chiffres de chômage en baisse avec un niveau d’épargne toujours élevé, des éléments confortant la thèse de la solidité du pouvoir d’achat des ménages européens1 ;
  • Les données concernant les dépenses des ménages aux US en hausse, voir supérieures, à la période d’avant la pandémie3 ;
  • Enfin, les indices de mobilité montrent que l’activité est bien croissante au sein de l’Europe4.

Face à de tels arguments et en comparaison avec la tendance actuelle des marchés, nous nous posons tout de même la question quant à savoir si les marchés ne sont pas en train d’anticiper un retour des restrictions sanitaires ainsi qu’une baisse de la mobilité, ou, s’ils restent perplexes quant à l’attitude des banques centrales face à l’inflation ?

Pour rappel, le 8 juillet 2021, Madame Christine Lagarde a laissé sous-entendre qu’elle s'est engagée à ce que ses décisions soient « ancrées dans la durée »5  et qu’elle ne commettra plus l'erreur de resserrer prématurément sa politique monétaire, et ce, avec un objectif d’inflation de 2 % et non plus « proche des 2 % ». Cette déclaration fut annonciatrice d’un grand changement dans la politique d’inflation puisque cela faisait plus de 18 ans que cet objectif n’avait plus été revu.

Qu’on le veuille ou non, il est encore difficile de déterminer correctement si l’inflation proviendra de la demande ou bien de l’offre en Europe. Bien que cette réflexion semble triviale, les habitudes de consommation post COVID-19 (1ère vague) ont fortement changé la structure de la courbe de la demande des ménages1. La consommation en ligne a doublé1, impactant la nature de certains business (les centres commerciaux sont moins fréquentés suite au livraison à domicile, magasins devant réajuster leurs stocks), le télétravail a poussé beaucoup de ménages à chercher des biens immobiliers hors des grandes villes6 (baisse des moyens de transports, des services de catering et de location d’espace) et à mieux s’équiper en biens électroniques7 (pc, casques, …). Enfin, les nouvelles normes énergétiques et la transition poussent les ménages à réactualiser leur biens8 ainsi que leurs équipements (installation électriques, isolation, voiture, borne électrique à domicile…). Ces changements a un impact direct sur la hausse de la demande des biens électroniques (pénurie de semiconducteurs) et sur le secteur immobilier (équipementier inclus). Qu’on le veuille ou non, il y a bel et bien un shift de la consommation de services qui s’opère vers celle des biens (indice de production manufacturière EUR à 63,3 vs celle de services à 58,3)1.

Si ce changement perdurait dans le temps, il pourrait présenter un risque pour l’emploi et l’inflation. Si l’embauche ne se faisait pas dans les secteurs clefs où la demande explosait face à l’offre, on pourrait s’attendre à une hausse de l’inflation par les salaires (manque de ressources qualifiées entrainant une hausse des salaires pour conserver les meilleurs éléments). De plus, si la demande était trop forte dans certains secteurs et que l’offre des entreprises ne suivait pas, on risquerait de connaitre des hausses d’inflation (hausses des matières premières).

Il sera donc primordial que le stimulus proposé par les états européens pour les futurs plans de relance cible réellement l’offre des entreprises9. Des secteurs comme la recherche et développement, l’infrastructure et l’éducation doivent être mis en avant. Ceci devrait être assez conséquent pour pouvoir lui permettre de s’adapter à tous potentiels mouvements de la demande des ménages.

Suite à nos réflexions, nous allons cibler quelques secteurs qui représentent la situation énoncée ci-dessus. À savoir, qui pourraient potentiellement profiter de l’élan positif des attentes des économistes et qui présentent encore des opportunités d'investissement à moyen et long terme.

 

Secteur automobile

Le secteur automobile a fortement été touché. Lors du 1er confinement, la demande en voitures a quasi flirté avec l’arrêt d’achat de voitures et lors des déconfinements, la demande s’est refaite progressivement, entrainant l’incapacité de l’offre des entreprises suite à la fermeture des chaines de production (pénurie de semiconducteurs). L’un des éléments positifs pour le secteur est la nouvelle réglementation autour de la décarbonisation. En poussant les grandes villes à interdire le diesel et l’essence, les producteurs automobiles ont dû réajuster leurs priorités stratégiques ainsi que leurs objectifs de recherche et développement à moyen terme. D’un point de vue consommateur, dans un environnement de taux faibles et suite à une baisse de la mobilité, on pourrait s’attendre à voir le secteur bénéficier de la réouverture des économies pour 2022.

Plusieurs sujets seront des opportunités d’investissement à moyen terme :

  • L’infrastructure liée à l’électrification des voitures (bornes de rechargements) devrait connaitre un boom avec une hausse annuelle des ventes de voitures électriques estimée à +30 % jusqu’en 20251 ;
  • Les entreprises de pneus devraient bénéficier de cette hausse de la demande ;
  • Certaines entreprises ont connu de longues années de restructuration (p.ex. : Renault) et devraient bénéficier de leur pricing power (amélioration de la rentabilité) et leur taux de pénétration sur le marché européen.

Secteur de la consommation durable

Parmi ce secteur, on pourra mettre en avant l’industrie de la boisson dont plus de 30 %1 des revenus est généré par l’industrie de l’événementiel, des bars et des restaurants. Bien que certains de ces sous-segments, tels que les boites de nuits et le tourisme, restent encore sous pression à court terme, la normalisation et la réouverture des bars et des restaurants devrait être bénéfique pour le secteur.

 

Secteur des médias

Le segment de la publicité a connu une décroissance de 10 % en 20201 mais ce secteur devrait bénéficier de la potentielle hausse des dépenses des ménages provenant majoritairement du besoin de retrouver une vie normale (pré-Covid) et des excédents d’épargne disponibles.

  • La publicité est fortement corrélée à la croissance macroéconomique et suivant les données macroéconomiques pour 2022 et 2023 (PIB de la zone euro attendu à 4,3 en 2022 et à 2 en 2023)1, cela serait positif pour ce segment ;
  • Les publicitaires extérieurs (de type JCDecaux) devraient eux aussi retrouver une activité normale suite à la hausse de l’audience à l’extérieur et à la reprise de l’activité de transport (voyages) ;
  • Le segment de l’évènementiel pourra lui aussi compter sur le retour du public dans les stades, les musées, les business lunch… ;
  • Les entreprises de marketing digital devraient elles aussi bénéficier de cette reprise. Pour rappel, la réouverture de certains business ainsi que la disruption informatique devraient entrainer certaines enseignes à se moderniser dans l’art de la communication.

Secteur du loisir

Les restrictions de rassemblement et de voyage ont sévèrement touché les parcs d’attraction et les chambres d’hôtes. Les services de traiteur ont également été impactés par l’annulation de grands évènements et de festivals. Certes, la hausse du télétravail devrait diminuer les évènements d’entreprise, mais les voyages touristiques devraient reprendre le pas avec une modernisation du service de traiteur dans les aéroports11 (moins de restauration VIP au profit de restauration à emporter, voire une carte plus allégée).

Lors de nos prochains articles, nous aborderons d’autres opportunités d’investissement telles que les infrastructures. Cependant, nous pouvons clairement conclure que les circonstance actuelles offrent cet été une opportunité de positionnement à moyen terme sur des thématiques d’investissement qui présentent encore des ratios financiers attractifs.

 

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Sources :

1 Bloomberg analytics

2 https://www.flightradar24.com/data/statistics

3 https://www2.deloitte.com/us/en/insights/economy/us-consumer-spending-after-covid.html.

4 https://covid19.apple.com/mobility

5 https://www.tradingsat.com/actualites/marches-financiers/marche-la-bce-evitera-tout-resserrement-premature-assure-lagarde-976075.html

6 https://www.nytimes.com/2021/05/29/business/economy/new-home-building-suburbs.html

7 https://www.rsc.org/news-events/articles/2021/jan/precious-elements-lockdown/

8 https://www.lecho.be/les-marches/actu/general/le-secteur-du-bois-soutenu-de-tous-cotes-par-la-pandemie/10319916.html

9 https://www.rtbf.be/info/economie/detail_feu-vert-definitif-de-l-ue-aux-plans-de-relance-de-12-pays?id=10803457

10 https://www.cnbc.com/2021/07/01/nissan-announces-plans-to-build-ev-battery-gigafactory-in-uk.html

11 https://50skyshades.com/news/manufacturer/worlds-first-virtual-kitchen-for-in-flight-catering-production

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