Le rallye sur les marchés émergents : stop ou encore ?

Le rallye sur les marchés émergents : stop ou encore ?

Le rallye sur les marchés émergents : stop ou encore ?

Depuis un plus bas au mois de janvier, les marchés émergents (ou emerging markets, EM) tiennent une forme éblouissante, actée par une surperformance de près de 20 % ! Après un tel rallye, alors que nous sommes maintenant déjà en mai, la question se pose de continuer à s’exposer à cette classe d’actifs.

Au-delà de la durée d’un tel rallye, on tiendra compte, dans son analyse des risques, de divers facteurs. D’une part, la performance des EM trouve en partie son origine dans les cours du pétrole et du dollar US, dont la situation peut évoluer. C’est le cas, en particulier, de la devise américaine. La Réserve fédérale américaine (la Fed) se trouve en effet face à des décisions qui pourraient voir le dollar s’apprécier. D’autre part, le sort des EM dépend aussi de l’importance du ralentissement de la croissance chinoise ou de la tentation des acteurs des marchés de vendre leurs positions au Brésil, après les surperformances que le pays vient de connaître. Ces différents éléments pourraient instiller le doute dans l’esprit des investisseurs au cours des prochaines semaines et, du même coup, offrir des points d’entrée intéressants sur les mêmes EM pour le 3e trimestre.

Pourquoi ce rallye ?

Depuis la mi-février, les craintes de fuite de capitaux provenant des EM se sont réduites devant le peu d’empressement de la Fed à relever ses taux. Les marchés ont également positivement réagi à la proactivité de la politique fiscale, monétaire et de contrôle de l’inflation des banques centrales des EM. De plus, l’Inde et l’Indonésie ont donné un tour concret à leurs politiques d’investissement public tandis que le 13e Plan quinquennal chinois a clairement opté pour la poursuite des dépenses en matière de construction et d’infrastructure.

Par ailleurs, on a noté une certaine faiblesse des facteurs de croissance domestique en Corée du Sud, en Turquie, en Inde, en Indonésie et en Chine. Il est donc normal de voir les investisseurs se repositionner sur cette thématique. La Corée, par exemple, souhaite améliorer les règles de gouvernance de ses entreprises : un signal positif pour l’investisseur en termes de dividende d’actions et de rachat d’actions. En Inde et en Indonésie, la baisse de l’inflation permettra aux gouvernements de ces deux pays de baisser leurs taux d’intérêts, au bénéfice des investisseurs en obligations.

Action ou obligations

Sur les marchés des actions, les petites capitalisations (« small caps) seront favorisées en vue de tirer profit de potentielles fusions et acquisitions ainsi que de la hausse de la demande en actions de la part des investisseurs locaux coréens sur un marché national au caractère défensif. Sur des marchés qui ont connu une décote et de la volatilité comme la Russie, la Chine ou le Brésil, les investisseurs pourraient retirer les fruits des réformes et changements politiques qui soutiennent la devise ainsi que les marchés d’actions.

Sur le marché obligataire, les décisions prises par les banques centrales (la Fed aux USA et la BCE pour l’UE) influencent positivement le sentiment des marchés. De plus, la recherche de rendement (yield) invite les investisseurs à s’exposer à la dette souveraine dans un climat d’amélioration des fondamentaux. La stabilisation des devises émergentes permet aux banques centrales d’aménager leur stratégie de discipline budgétaire et d’assouplissement monétaire.

À moyen terme, la vigilance reste cependant de mise tant les interrogations subsistent sur le plan macro-économique concernant l’activité économique en Chine. L’action de la Fed durant le mois de juin pourrait ramener de la volatilité dans les transactions portant sur la dette émergente. Toutefois, cette volatilité sera, elle aussi, un bon point d’entrée pour les investisseurs qui sont à la recherche de rendement.

 

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