Quel est le potentiel des pays émergents selon les maisons de fonds ?

Le potentiel des actions émergentes suivant 6 maisons de fonds

Le potentiel des actions émergentes suivant 6 maisons de fonds

Nous posons deux questions à six maisons de fonds avec lesquelles nous travaillons. Les maisons de fonds nous donnent leur vision sur des thèmes d’investissements courants.

 

Les deux questions du mois sont:

1. Comment voyez-vous évoluer les marchés boursiers émergents à court et long terme ?
2. Quels seront selon vous les opportunités et menaces pour les marchés émergents en tant que classe d’actifs ?

 

Aberdeen Asset Management

 

1. Comment voyez-vous évoluer les marchés boursiers émergents à court et long terme ?
Ces trois dernières années, les marchés émergents ont sous-performé par rapport aux marchés développés. Mais leur position économique bien plus solide qu’au cours des 20 à 30 dernières années. Ces économies continuent de souffrir de problèmes structurels. Des réformes supplémentaires seront nécessaires pour y soutenir une croissance future. Le taux d’endettement public de ces régions est généralement faible. Les indicateurs démographiques y sont encourageants. Les économies se portent toujours bien, avec des sociétés plus rentables et de faibles niveaux d’endettement par rapport à leurs pendants des marchés développés. L’incertitude continuera de planer sur ces pays et des opportunités pourraient se présenter à long terme pour les stock pickers prudents.

 

2. Quels seront selon vous les opportunités et menaces pour les marchés émergents en tant que classe d’actifs ?
Étant donné que les marchés émergents constituaient l’un des principaux bénéficiaires des importantes mesures d’assouplissement de la Réserve fédérale (Fed), il existe un risque majeur qu’ils souffrent de la suppression de ces mesures. Selon les estimations actuelles, l’endettement des marchés émergents a déjà pris en compte la plupart des risques qu’implique à moyen terme la réduction progressive du rythme des achats d’obligations de la Fed. Nous nous attendons donc à ce que cette catégorie d’actifs se remette à court terme de tous les problèmes provoqués par le changement de politique de la Fed. Le principal défi de cette année consistera à gérer les risques idiosyncratiques, ce qui se traduit par la divergence de politique monétaire entre les banques centrales. Le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Inde et la Turquie ont relevé leurs taux d’intérêt tandis que d’autres, comme le Chili, la Hongrie et la Thaïlande, font preuve de plus de souplesse. En tant que principal partenaire commercial mondial, la Chine pourrait avoir un impact sur les marchés émergents. Le gouvernement entend réduire les liquidités sur le marché financier, ce qui pourrait avoir des conséquences plus négatives qu’escomptées. Il met en œuvre des réformes structurelles aux dépens de la croissance à court terme.

 

 

Deutsche Asset & Wealth Management

 

1. Comment voyez-vous évoluer les marchés boursiers émergents à court et long terme ?
Les marchés obligataires émergents sont ceux qui ont le plus souffert des mesures d’assouplissement de la Fed. L’évolution du cours des obligations en 2013 a montré que les marchés émergents sont généralement fortement tributaires des événements internationaux, qui sont davantage à l’origine des derniers développements que les fondamentaux. Les évaluations plus favorables n’ont quant à elles eu qu’un effet limité. Les obligations d’États dépendant en grande mesure de financements externes ont été les plus durement touchées en 2013, risque qui pourrait se représenter en 2014. Il est dès lors essentiel de sélectionner ses investissements correctement, non seulement selon le pays, mais aussi par catégorie d’actifs. L’indice de la dette des marchés émergents libellée en dollars a par exemple enregistré des revenus positifs depuis le début de l’année. Et le rétablissement général de l’économie mondiale pourrait encourager ce phénomène.

 

2. Quels seront selon vous les opportunités et menaces pour les marchés émergents en tant que classe d’actifs ?
En chiffres absolus, les taux de croissance du PIB de la plupart des marchés émergents restent supérieurs à ceux des marchés développés, qui devraient toutefois quelque peu parvenir à rattraper leur retard dans les années à venir. Bien que le rétablissement en Europe ou aux États-Unis devrait se stabiliser en 2014, les marchés émergents demeureront probablement le moteur de l’économie mondiale.  Les marchés émergents connaissent toujours des problèmes structurels et il y règne une grande incertitude politique. Et bien que les actions de ces pays commencent à faire l’objet d’une évaluation favorable par rapport aux actions européennes et américaines, leurs performances volatiles montrent qu’elles ne sont pas moins risquées pour autant. La prime de risque semble donc justifiée. Alors que les incertitudes à court terme y subsisteront probablement, ces marchés offrent en revanche des perspectives vraiment intéressantes à long terme. Mais la sélection reste le maître mot.

 

 

ING Investment Management

 

1. Comment voyez-vous évoluer les marchés boursiers émergents à court et long terme ?
Les pays émergents auraient bien besoin de réformes structurelles s’ils souhaitent avoir de meilleures perspectives de croissance. Le mécontentement social croissant et les importantes élections à venir laissent toutefois peu de place à de telles réformes à court terme. Une dépréciation monétaire et un renforcement de la politique de contrôle de l’inflation pourraient permettre le rééquilibrage des économies. Des marchés comme ceux de l’Inde, de l’Afrique du Sud et de la Turquie ont déjà franchi quelques pas dans la bonne direction. Au vu de l’augmentation des ratios de la dette publique par rapport au PIB ces dernières années, des pays comme la Malaisie, la Thaïlande, la Turquie et le Brésil présentent toujours une certaine vulnérabilité.

 

2. Quels seront selon vous les opportunités et menaces pour les marchés émergents en tant que classe d’actifs ?
Sur une base absolue et relative, les marchés émergents affichent une meilleure solvabilité et entrent à présent dans la danse pour la recherche de capitaux. Les nombreuses élections à venir ne sont pas sans amener une certaine dose d’incertitude, en particulier sur le plan des réformes structurelles. La plupart des paramètres de crédit des marchés émergents demeurent cependant sains et nous considérons les obligations en devises fortes des marchés émergents comme constructives. Leurs besoins nets d’émissions sont relativement limités et la base spécifique des investisseurs institutionnels assignée est raisonnablement constante.

 

 

Schroders

 

1. Comment voyez-vous évoluer les marchés boursiers émergents à court et long terme ?
Ces trois dernières années, les marchés émergents ont enregistré des performances considérablement inférieures aux attentes. Certains d’entre eux pourraient continuer d’être sous pression et devront sans doute renforcer leur politique afin de faire face à leurs déficits. D’autres profiteront de la forte croissance inhérente à ce phénomène. Les perspectives sont extrêmement positives pour les GEM (Global Emerging Markets). Ces marchés disposent de bases solides, les valorisations sont attrayantes et les marges bénéfices/revenus pourraient augmenter de manière surprenante. Un redressement marqué des GEM en 2014 n’est pas à exclure, ce qui offre de nombreuses opportunités aux investisseurs à long terme. Ce qui est clair, c’est que la sélection des pays eux-mêmes lors des investissements dans les GEM sera plus importante que jamais.

 

2. Quels seront selon vous les opportunités et menaces pour les marchés émergents en tant que classe d’actifs ?
Les perspectives de croissance et performances des marchés obligataire et monétaire de plusieurs économies émergentes majeures comme la Chine et la Turquie continuent de représenter un défi. On s’attend en 2014 à davantage de volatilité. Certaines opportunités commencent malgré tout à se profiler à l’horizon. La roupie indienne, dont la valeur a chuté de plus de 40 % en deux ans, regagne en intérêt. L’une des opportunités de haut rendement les plus évidentes dans les revenus fixes asiatiques demeure les obligations en devise vietnamienne. Les obligations  indonésiennes et la roupie présentent également un bon potentiel de rendement. Les obligations brésiliennes affichant un rendement de plus de 14 % sont également intéressantes.

 

 

Amundi

 

1. Comment voyez-vous évoluer les marchés boursiers émergents à court et long terme ?
Les marchés émergents ont commencé à enregistrer des performances inférieures à la fin du printemps arabe en 2011 et ce, principalement en raison du ralentissement de la Chine et des mesures d’assouplissement de la Fed. Nous notons aussi une diminution du rendement des capitaux propres et de la croissance potentielle, qui nuisent à leur pouvoir de séduction. La croissance potentielle y restera supérieure à celle enregistrée dans les économies développées. Les ajustements cycliques prennent toutefois parfois un peu de temps, et nous pensons qu’il est encore un peu trop tôt pour revenir sur ces marchés. La valorisation relative est inférieure à la moyenne sur 15 ans et est revenue au niveau de 2004. Elle est toutefois suffisamment élevée pour justifier des achats. L’accélération mondiale de la croissance en 2014 est due aux économies développées, qui continueront d’attirer des flux pendant un certain temps encore.

 

2. Quels seront selon vous les opportunités et menaces pour les marchés émergents en tant que classe d’actifs ?
Malgré le choc du mois de janvier, les performances escomptées de l’Emerging Markets Bonds Index (EMBI) ne dépasseront probablement pas les 2,5 %, sur la base d’un écart cible de 350 points de base sur 12 mois, et d’un taux américain à dix ans compris entre 3 et 3,5 %. Les investisseurs ont massivement utilisé les devises pour se protéger des risques d’un « désastre émergent ». Un phénomène qui explique en grande partie le récent redressement des devises d’économies dites vulnérables.

Les grands émetteurs souverains émergents ne sont actuellement confrontés à aucun problème en matière de risque de défaut de paiement ou de liquidité. Les économies émergentes se trouvent dans une phase transitoire, et elles doivent résoudre les déséquilibres apparus pendant la période après la crise de 2008. En ce qui concerne les rendements attendus à long terme, exprimés en unités de risques pour les principaux émetteurs, le Mexique et la Pologne semblent être proches de la moyenne. De plus, des pays comme la Malaisie, la Colombie, le Brésil, la Russie et même la Turquie semblent intéressants en raison de la faible volatilité de leurs spreads et/ou de leurs perspectives de rendement supérieures.

 

 

Fidelity

 

1. Comment voyez-vous évoluer les marchés boursiers émergents à court et long terme ?
Nous devons nous souvenir que cette période de fortes performances a été précédée par une période de vaches maigres pour les actions américaines et européennes. A contrario, les actions asiatiques avaient enregistré de bons résultats, en grande partie grâce à une croissance accrue et au fait que les fondamentaux à long terme et des actions étaient restés les mêmes pour la région. Le redressement de l’économie américaine et de certains autres pays européens clés a à son tour dopé la confiance des investisseurs. La croissance en Asie, qui reste plus élevée que dans les marchés développés, s’est toutefois essoufflée, ce qui a affaibli la confiance des investisseurs, qui se sont retournés vers les marchés développés. Un ralentissement qui n’est à notre sens pas négatif, étant donné qu’il serait impossible de maintenir des niveaux de croissance de (plus de) 10 % à long terme en Chine. Le gouvernement chinois a mis l’accent sur la durabilité et se concentre ainsi davantage sur la qualité que le volume de la croissance (l’objectif clé de leur 12e plan quinquennal).

Les valorisations asiatiques actuelles semblent très intéressantes, car dans bon nombre de pays, essentiellement en Chine et en Corée, les actions se vendent à un prix nettement inférieur aux moyennes historiques à long terme. Nous continuons de voir l’Asie d’un bon œil pour plusieurs raisons. Une série de réformes annoncées par le gouvernement chinois permettront en effet de soutenir son passage à une économie axée sur la consommation intérieure, avec un accent sur la redynamisation des secteurs privés et l’accélération de l’urbanisation. Pendant ce temps, les économies majeures des États-Unis, d’Europe et du Japon montrent des signes simultanés d’amélioration, qui augurent des perspectives positives pour les exportateurs asiatiques, en particulier en Corée et à Taïwan, pays qui comptent parmi les États les plus développés de la région. La zone ASEAN a connu une incroyable croissance structurelle à long terme. La vague d’industrialisation et d’urbanisation, ainsi que l’augmentation consécutive des richesses et revenus, attirent les investisseurs, et bon nombre de sociétés peuvent en tirer parti.

 

2. Quels seront selon vous les opportunités et menaces pour les marchés émergents en tant que classe d’actifs ?
Là où l’on pourrait considérer cela comme contradictoire, il conviendrait clairement d’examiner la situation depuis une perspective à plus court terme et à plus long terme.

La sous-performance enregistrée récemment par cette classe d’actifs est étroitement liée au niveau de confiance. Un phénomène pouvant en majeure partie (mais pas uniquement) être attribué aux problèmes de liquidités à l’échelle mondiale (fin du programme d’assouplissement quantitatif de la Fed aux États-Unis), aux taux mondiaux plus élevés sur les marchés développés (en raison de l’amélioration des prévisions de croissance), aux sorties de fonds dans le secteur de la distribution des marchés émergents et à un majeur ralentissement de leur croissance, supplanté par la croissance des marchés développés. Il s’agit d’un obstacle cyclique à court terme, qui a ébranlé la confiance à court terme mais pas les fondamentaux stratégiques à plus long terme.

Pour ce qui est des prévisions stratégiques à long terme (10 dernières années), les notations de la dette en devise étrangère et nationale ont montré de nets signes d’amélioration. Il importe de noter que les sorties de fonds à plus court terme dans le secteur de la distribution ont constitué l’un des facteurs ayant contribué aux sous-performances. Les grands investisseurs institutionnels ont continué d’investir et nous prévoyons que les répartitions se poursuivront, étant donné que les fondamentaux à plus long terme continuent d’afficher une amélioration soutenue, avec une volatilité cyclique à plus court terme qui offre des points d’entrée intéressants.

Pour ce qui est du court terme récent (6 à 8 mois), majoritairement mené par les facteurs de marché exogènes ayant une influence sur les actifs à risques des marchés émergents, nous avons noté une dégradation modeste de la qualité des notations. Un constat qui va de pair avec la chute du ratio hausse/baisse, après avoir connu une tendance à la hausse séculaire. Nous considérons ce phénomène comme une faiblesse cyclique à plus court terme. Il ne faut toutefois pas confondre une telle tendance avec un déséquilibre structurel à plus long terme de la classe d’actifs à risques de la dette des pays émergents. Nous nous attendons à ce que la note des pays plus faibles soit dégradée à court terme étant donné les obstacles qui demeurent. Ceci étant dit, les marchés émergents ont considérablement évolués par rapport à il y a 10 ans. Les pays ayant obtenu leur statut « investment grade » à la sueur de leur front avec des fondamentaux de base forts (par rapport à il y à 10 ans) le conserveront.