Une croissance essoufflée mais pas encore menacée

Par La Française

La croissance économique

La croissance économique

On entend souvent dire : « la croissance s’avère moins forte que prévu ». Mais est-ce la croissance qui est moins forte que prévu, ou bien certaines prévisions qui étaient trop optimistes ? Michel Didier, Président du Conseil d’Orientation Stratégique de La Française, explique.

Il y a eu en 2016 et 2017 une accélération un peu inattendue de la croissance mondiale. On constate maintenant un assez net ralentissement de l’activité, au moins en Europe et dans les pays émergents. On déclare donc que la croissance est « moins forte que prévu » et les instituts révisent en baisse leurs perspectives 2019.

L’essentiel, c’est de bien décrypter ce qui se passe. La forte baisse du prix du pétrole de 2014 à fin 2016, de 105 à 40 dollars le baril (Source : Thomson Reuters) a donné un coup de fouet au pouvoir d’achat et à la croissance des pays consommateurs. Ensuite, la remontée du prix du pétrole à 80 dollars à l’automne 2018 a amputé le pouvoir d’achat des consommateurs, surtout en Europe. Les marchés boursiers européens, qui sont à plat depuis plus d’un an, ont plutôt bien anticipé, d’abord le rebond économique, puis le tassement de l’activité.

Celui-ci n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle, car la croissance commençait à buter sur les capacités de production et les possibilités de recrutement. Un peu moins d’activité évitera des tensions excessives et un risque d’inflation, notamment aux États-Unis où la croissance est artificiellement gonflée par le déficit public. L’indicateur des difficultés à trouver du personnel est à des sommets historiques et un début de tensions salariales est manifeste. La menace d’excès financiers et finalement d’un arrêt brutal d’ici 18 mois commence à se profiler. Ajoutons les crises de change violentes de certains pays émergents (Turquie, Argentine, Brésil), une forte prime d’incertitude sur l’Italie et la menace d’une perturbation mal contrôlée du commerce international.

Bref, la balance des risques sur la croissance penche plutôt vers le bas. Les actifs réels, notamment l’immobilier, restent des valeurs sûres. Parmi les actifs financiers, les actions apportent l’assurance de participer à la croissance mondiale, certes ralentie mais pas encore véritablement menacée. Mais pour un nouveau pas en avant, il faudrait que certains risques se soient d’abord dissipés.

 

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