Les perspectives financières pour 2019 : entre l'espoir et la crainte

Volatilité est la nouvelle réalité.

Volatilité est la nouvelle réalité.

L’économie mondiale semble chercher un nouveau souffle. Si les prévisions de croissance sont revues à la baisse aux quatre coins du monde, une récession n’est toutefois pas encore à l’ordre du jour. Le millésime 2019 ira-t-il donc à nouveau dans le bon sens ou devrons-nous nous résigner à prononcer le mot qui commence par « R » et fait frémir chacun ?

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Flou artistique

Le consensus sur les prévisions économiques a rarement été aussi faible entre investisseurs qu’aujourd’hui. Les signaux classiques semblent particulièrement difficiles à déchiffrer. Aux États-Unis, nous constatons depuis des mois une diminution de l’écart entre les taux à court terme et à long terme. Pour l’investisseur pessimiste, un tel « aplatissement » de la courbe des taux préfigure une récession naissante. L’investisseur optimiste en déduit plutôt que la nécessité de nouvelles hausses des taux s’amenuise, ce qui induirait que la banque centrale pourrait mettre plus vite que prévu un terme aux hausses de taux ou, tout au moins, faire une pause dans le processus, avec l’effet positif que l’on imagine sur les cours.

Un certain flou règne aussi sur la poursuite de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis. Lors du sommet du G20 de début décembre, le président Trump et son homologue chinois Xi Jinping ont promis de ne pas instaurer de nouveaux droits de douane. Le différend entre les deux pays a soudain semblé moins profond, ce qui a rapidement suscité un embryon de rallye de fin d’année, hélas de courte durée. Le bras de fer entre l’Amérique et la Chine est loin d’être terminé et l’enjeu se clarifie chaque jour davantage : la domination technologique dans le monde. 

Marchés inconstants

L’ambiguïté qui prévaut est sans doute un avant-goût de ce qui nous attend en 2019. Tout semble indiquer que les marchés resteront inconstants, cette année. La poursuite de la normalisation monétaire, tant aux États-Unis qu’en Europe, ne sera pas un long fleuve tranquille. En Europe, le Brexit et les problèmes budgétaires italiens illustrent la problématique plus profonde de la montée du populisme, ce qui menace, à terme, la cohésion entre les États membres. Il est difficile de dire de quelle manière tout cela se manifestera en 2019, car la politique est de toute façon imprévisible. Mais les investisseurs devront tenir compte de ce paramètre dans les mois qui viennent.

Aux États-Unis, le président Trump fera tout, en 2019, pour préserver le cycle de croissance et doper artificiellement les marchés. Le risque d’une surchauffe de l’économie reste néanmoins bien présent. Une hausse des taux pourrait limiter ce risque, mais ne constituerait pas une bonne nouvelle pour les investisseurs. En tout état de cause, les États-Unis devront tôt ou tard honorer la facture de la politique expansive de Trump, bien que cette échéance ne soit pas immédiate : une consommation forte et des indicateurs macro-économiques puissants laissent plutôt augurer une poursuite de la croissance durant les premiers mois de 2019.

Pays émergents

En Asie, la Chine reste le moteur de la croissance de la région. La banque centrale chinoise est toujours en mode « stimulation » : 350 milliards USD de stimulants monétaires sont ainsi prévus pour 2019. Dans le même temps, d’importants investissements en infrastructures sont prévus et des baisses d’impôts ont été annoncées pour les entreprises et les ménages. Les barrières commerciales américaines et les déséquilibres structurels dans le pays auront cependant un impact important, qui ramènera la croissance chinoise en 2019 entre 5,5 et 6,5 %. La question de savoir si cette baisse sera compensée par une augmentation de la consommation intérieure reste entière. Si tel n’est pas le cas, la croissance de toute la région asiatique pourrait en être affectée.

2019 peut également être un millésime difficile pour d’autres pays émergents vulnérables. Pensons à la Turquie, à l’Afrique du Sud et au Venezuela, qui éprouveront des difficultés à refinancer leurs déficits. A contrario, les fondamentaux économiques restent généralement bien orientés dans les marchés émergents. Le cours du dollar devrait aussi se stabiliser en 2019, ce qui serait une bonne nouvelle pour les flux de capitaux vers les régions de croissance.

La récession n'est pas encore pour tout de suite

Après une année boursière difficile en 2018, les valorisations entament 2019 à des niveaux attractifs. S’il faut s’en tenir aux données macro-économiques, les prévisions restent assez bonnes. La croissance des marges bénéficiaires tourne toujours autour de 7 % au niveau mondial. Après une phase de forte expansion, l’économie mondiale semble donc revenir à des taux de croissance normaux. En outre, les excès typiques à une récession imminente font momentanément défaut. Il n’est pas encore question d’une consommation ou d’investissements exagérés, de bulles immobilières ou d’une inflation salariale excessive.  

Dans l’état actuel des choses, l’espoir prévaut donc sur la crainte. Dans ce nouveau contexte, les investisseurs devront toutefois revenir aux fondamentaux : respecter un horizon d’investissement suffisamment lointain, veiller à une bonne diversification de leur portefeuille et ne pas suivre passivement les marchés, mais opter pour la sélectivité et une gestion active.

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En résumé

  • Les marchés continueront d'être très volatils en 2019.
  • La poursuite de la normalisation de la politique monétaire aux États-Unis et en Europe ne se fera pas sans difficulté.
  • 2019 pourrait être une année difficile pour les marchés émergents.
  • La chronique d'une récession annoncée n'est pas confirmée pour 2019.

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