« Seul, vous allez vite, mais ensemble, vous allez loin »

Interview avec Erik Gerits, directeur général du KRC Genk

Philippe Clement et Erik Gerits, entraîneur et directeur général du KRC Genk

Philippe Clement et Erik Gerits, entraîneur et directeur général du KRC Genk

Tant en Belgique que pour la compétition européenne, le KRC Genk fait, cette saison, un excellent travail. Depuis février, Erik Gerits est à la tête de l’équipe au titre de directeur général. Mais il souligne d’emblée que le succès est dû à une équipe forte, tant sur le terrain qu’en dehors.

Vous connaissez très bien le KRC Genk de par vos fonctions précédentes au sein du club. Comment êtes-vous arrivé à Genk à l’époque ?

«Cela fait presque 26 ans. Le club recherchait alors des personnes pour un groupe de réflexion afin de créer plus d’ambiance et offrir plus d’expériences. Je venais d’obtenir mon diplôme. C’était un jour férié. Je me suis dit ‘C’est amusant à faire’. Après les vacances, on m’a proposé de venir travailler au secrétariat en tant qu’assistant administratif. Je me souviens que, à l’époque, nous jouions en deuxième division nationale avec une moyenne de 400 à 5000 spectateurs. J’ai vécu la croissance du club et j’ai occupé de nombreux postes : attaché de presse, communication, communauté, vente des business seats… À un moment donné, j’ai également dirigé l’organisation du championnat et tout ce qui tourne autour. Aujourd’hui, la boucle est bouclée.»

Vous occupez maintenant la fonction de directeur général depuis plusieurs mois. Qu’avez-vous déjà réalisé dont vous êtes fier ?

«Je regarde toujours l’histoire en termes de ‘nous’. C’est très important au KRC Genk. Nous gagnons et nous perdons ensemble. Un des premiers défis a été de rapprocher et de motiver tout le monde. Nous avons fait de belles avancées, comme l’installation d’un nouveau terrain et l’amélioration des parkings. Nous avons aussi été à l’écoute des plaintes des supporters. La principale était la mauvaise qualité de nos parkings. C’est donc l’une des premières choses que nous avons abordées. Nous avons aussi énormément travaillé pour que l’équipe reste soudée. C’est un point qu’il ne faut pas sous-estimer. Nous avions beaucoup de demandes pour des joueurs comme Trossard, Malinovski, Pozuelo ou Berge. En tant qu’équipe, nous avons réussi à garder cette équipe soudée et c’est peut-être là notre réalisation le plus importante.»

Quelles sont les choses auxquelles vous voulez donner une nouvelle direction dans un futur proche ?

«Je veux travailler encore plus la motivation et la gestion de l’équipe. Je la représente souvent comme une chaîne faite de nombreux maillons. Chaque maillon doit fonctionner correctement pour que la chaîne puisse tourner de manière optimale. Les résultats sportifs sont là. Tout le monde doit travailler très dur. Philippe Clément veille à ce que chacun sur le terrain aille jusqu’au bout et fasse de son mieux pour obtenir de bons résultats. L’équipe hors du terrain doit faire de même.»

Votre expérience politique est-elle un avantage dans votre fonction de directeur général ?

«Absolument. Sans cette période politique, on ne m’aurait peut-être pas proposé ce poste. J’ai été échevin de l’économie, de l’événementiel et du tourisme pour la ville de Genk, mais aussi, depuis 2016, député provincial dans le Limbourg.  J’ai aussi bâti une solide équipe autour de moi et c’est ce que nous devons faire partout. Seul, vous allez vite, mais, ensemble, vous allez loin. Nous rassemblons de nombreuses personnes et sympathisants autour d’un objectif spécifique : le succès du club. Raison pour laquelle il existe un lien clair entre politique et football.»

Le Racing Genk a pris un départ en trombe dans la compétition. Où le voyez-vous finir la saison ?

«Évidemment, nous espérons finir le plus haut possible. Nous venons de finir un parcours fantastique : dix victoires et cinq matches nuls. Nous n’avons pas de défaite au premier tour. Pas un club n’a réalisé cela depuis 1989. Nous sommes aussi efficaces sur le plan européen. Nous sommes en tête de notre groupe et nous avons encore deux matches importants à jouer. Nous sommes aussi présents dans la Coupe de Belgique, mais la tâche sera rude, en décembre, face à Charleroi. Pour le championnat, nous souhaitons disputer les play-offs 1 et y arriver avec un nombre de points confortable. Je pense que nous sommes sur la bonne voie. Nous pourrons alors nous fixer de nouveaux objectifs.»

Philippe Clement joue un rôle important dans ce succès sportif. Pourquoi est-il un bon entraîneur pour une équipe comme Genk ?

«Philippe Clement est quelqu’un qui vient d’ici. Je travaillais déjà au KRC Genk quand il jouait dans notre équipe. C’était en 1998 et nous avons gagné la Coupe. C’est un travailleur acharné. Le matin, il est le premier à arriver au Club et l’un des derniers, le soir, à en partir. A mes yeux, il a gardé toute sa simplicité. Bien qu’il ne soit pas un Limburger, il se comporte comme tel et il sait ce que cela représente pour nous. Le travail poussé à ses limites est très important pour lui. Il se concentre sur l’ensemble de l’équipe, garde les pieds sur terre, reste modeste et profite, avec nous, de tous les succès que nous obtenons.»

Que représente Beobank pour le KRC Genk ?

«Beobank est très importante pour nous. Le logo Beobank est sur nos poitrines tant pour les championnats nationaux qu’européens. C’est notre sponsor principal depuis 2013 et, en tant que club, nous en sommes très fiers. Comme le KRC Genk, Beobank est une marque forte. Cette banque challenge les autres grandes banques ; nous challengeons Anderlecht, Bruges ou le standard. Beobank est aussi une banque familiale qui s’adresse à toute la famille. Nous nous retrouvons en accord sur de nombreux points, parce que nous sommes aussi un club qui s’adresse aux familles et au plus grand nombre. Nous partageons, pour ainsi dire, une grande partie de notre ADN.»

Outre le sponsoring, y a-t-il d’autres initiatives communes ?

«Tout comme le KRC Genk, Beobank s’intéresse beaucoup au travail au sein de la communauté. Cette année, comme l’année dernière, nous avons organisé une campagne Saint-Nicolas pour les plus démunis, en collaboration avec Vincentius Limburg. L’année dernière, nous avons collecté un conteneur entier rempli de jouets par l’intermédiaire des agences Beobank du Limbourg. C’était fantastique. Cette saison, nous collectons aussi de la nourriture. Espérons que le succès soit encore plus important que l’année dernière. Nous travaillons fort autour de notre communauté et nous avons trouvé, avec Beobank, un excellent partenaire pour nous impliquer dans des projets comme celui-ci.»

Le KRC Genk investi beaucoup dans la jeunesse. C’est connu. Quel est l’objectif de cette implication ?

«Nous nous considérons comme l’université du football. Note académie fait partie des meilleures de Belgique, voire d’Europe. L’objectif est de former un maximum de ces jeunes joueurs pour que, un jour, ils puissent jouer dans la Luminus Arena. Nous envisageons d’envoyer au moins deux joueurs par an dans l’équipe A du KRC Genk. Nous sommes aussi très fiers de nos joueurs qui ont réussi comme Kevin De Bruyne, Thibault Courtois, Steven Defour, Jelle Vossen ou Bryan Heynen. Un des plus grands noms du moment est Leandro Trossard. Il est Diable rouge, mais vient aussi de notre école des jeunes.»

Pensez-vous que Leandro Trossard puisse rester à Genk ?

«Notre club est un tremplin vers des compétitions supérieures. Grâce au football européen, nos joueurs disposent d’une vitrine vers l’Europe. L’année dernière, nous avons convaincu Leandro Trossard de jouer une année supplémentaire avec nous, et ce, autant que possible après ses blessures. Alors qu’un club le convoite, il pourra en voir débarquer de nombreux autres. Nous sommes en accord : si, l’année prochaine, une offre correcte vient d’un club prestigieux et que Leandro veut partir, nous ne nous opposerons pas au transfert. Nous le lui avons communiqué de manière correcte et honnête.»

Thibault Courtois et Kevin De Bruyne sont de beaux exemples d’ex-joueurs qui se sont imposés sur la scène internationale. Sont-ils toujours impliqués dans le club aujourd’hui ?

«Ils restent, pour nous, des porte-drapeaux. Si vous regardez où leur carrière a réellement commencé, vous vous retrouvez au KRC Genk. Ce lien existera toujours. J’ai aussi un contact étroit avec Thibault. L’année dernière, je suis allé voir le derny Man U et Man City et j’y ai rencontré Kevin personnellement. Il vient parfois nous voir quand il est à Genk. Ces garçons ne renient pas leurs racines. Ils savent que nous leur avons offert des opportunités.»

Une dernière question : votre nom est presque similaire à celui de l’ancien Diable Rouge et entraîneur, Eric Gerets. Cela a-t-il déjà donné lieu à des malentendus ?

«Très souvent par le passé, quand je travaillais comme attaché de presse pour le KRC Genk. Mon nom figurait bien évidemment dans les répertoires de nombreux journalistes, juste après celui d’Eric Gerets. J’ai reçu de nombreux appels pour des interviews, pour participer à un talk-show ou pour participer à des jeux. Surtout à l’époque où ‘l’autre’ Eric Gerets était encore très connu. Mais maintenant que je me suis construit une longue carrière au sein du club, cette erreur n’est plus vraiment commise.»

Nous souhaitons à l’équipe du KRC Genk une bonne continuation ! #FierSponsor