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Les résultats de notre grande enquête

Les taux bas de l'épargne vous font perdre du pouvoir d'achat

Les taux bas de l'épargne vous font perdre du pouvoir d'achat

Tous les articles de notre dossier "Les Belges et leur argent":

1. Les résultats de l'enquête | 2. Les banques après la crise | 3. Evolution du pouvoir d'achat | 4. L'épargne et l'inflation

Plus d’un Belge sur deux se déclare prêt à retirer son argent de la banque s’il devait payer pour y laisser son épargne selon l’enquête de Beobank - Knack/Le Vif*. Ils sont pourtant extrêmement nombreux à accepter de perdre du pouvoir d’achat.

 

« Le rendement moyen de 0,12 % sur les comptes d’épargne est désormais loin de suffire à compenser l’inflation de plus de 2 % en Belgique » expose Marc Danneels. Les épargnants perdent donc plus de 2 % de pouvoir d’achat sur base annuelle mais continuent pourtant à alimenter leur livret. Fin février, les comptes d’épargne réglementés du royaume recelaient plus de 261 milliards, « un montant global qui dépasse les besoins de réserves de liquidités des ménages », poursuit le Chief Investment Officer de Beobank.

Une baisse des taux organisée

Sur 10 ans, la cagnotte des Belges sur les comptes d’épargne a augmenté de 68 % bien que le taux offert ait fondu comme neige au soleil. La plupart des banques se contentent désormais du minimum légal de 0,11 % en incluant la prime de fidélité. « Cette chute des taux reflète la politique de la Banque centrale européenne (BCE) » précise Marc Danneels.

« La banque des banques de la zone euro a notamment réduit son ‘taux refi’, fixant le coût de financement hebdomadaire des établissements financiers, jusqu’à 0 %. » Cela a entraîné dans son sillage le taux du compte d’épargne, « d’autant plus qu’un taux négatif de -0,40 % est appliqué sur les dépôts des institutions financières auprès de leur banque centrale ».

Cette mesure a un coût non négligeable pour le secteur financier, contraint d’éponger ces pertes accusées indirectement sur les dépôts de leur clientèle par d’autres activités.

Moins les dépôts d’épargne sont mobilisés pour l’économie, plus la Banque centrale européenne poursuit sa politique de taux bas.

-Marc Danneels, Chief Investment Officer chez Beobank

Des épargnants méfiants

« Outre la baisse du coût du crédit, l’objectif des autorités monétaires est de décourager l’épargne et d’encourager les investissements (actions, obligations), plus productifs sur le plan économique étant donné qu’ils financent l’activité, qu’il s’agisse de projets d’entreprises ou de dépenses publiques. » Les Belges restent toutefois attachés à leur livret, près de 3 répondants sur 4 à notre enquête* affirmant continuer à épargner contre un peu plus d’un sur 3 déclarant investir.

« Cela s’explique par une profonde méfiance » selon Marc Danneels. Le Chief Investment Officer de Beobank souligne ainsi que les épargnants restent marqués par la double chute des marchés boursiers avec le krach de 2000-2003 et évidemment la crise financière de 2008. Cela se double de tensions persistantes, la hausse globale des indices boursiers depuis mars 2009 ayant notamment été émaillée de la crise des dettes souveraines dans la zone euro et plus récemment d’importantes incertitudes politiques.

Les deux événements majeurs à ce niveau sont évidemment la décision du Royaume-Uni de sortir de l’Union européenne et la victoire électorale de Donald Trump aux États-Unis. Cette montée du populisme menace d’essaimer dans d’autres pays, ce qui ne ferait qu’amplifier les incertitudes comme l’illustrent notamment les revirements réguliers du 45e Président des États-Unis.

Effet boule de neige

« Dans un tel environnement, on comprend aisément que l’épargnant a tendance à se montrer prudent, un réflexe psychologique normal mais pas forcément de bon conseil. Les doutes, les corrections et même les chutes font en effet partie intégrante de l’évolution des marchés financiers ; deux guerres mondiales, une Grande Dépression et une multitude de crises n’ont notamment pas empêché les Bourses de progresser tout au long du XXe siècle ».

Marc Danneels précise également que la prudence des épargnants fait effet boule de neige. « Moins les dépôts d’épargne sont mobilisés pour l’économie, plus la Banque centrale européenne poursuit sa politique de taux bas. L’impact est d’autant plus marqué que les banques commerciales font face à une réglementation plus stricte. Leur capacité de crédits est donc moindre pour un même montant de dépôts collectés. »

Légère reprise des cours

Selon le spécialiste de Beobank, les ménages belges se montrent progressivement moins prudents, se renseignant davantage sur les investissements et ayant légèrement réduit leurs avoirs sur les comptes d’épargne depuis l’automne 2016. Cela se double d’une reprise de l’économie dans la zone euro ces derniers trimestres. « L’évolution reste cependant trop limitée que pour conduire les autorités monétaires à rapidement changer leur politique. Les taux resteront donc déprimés encore un moment dans la zone euro, renforçant l’intérêt potentiel pour les investissements. »

 

*Enquête réalisée par TNS-Kantar auprès d’un échantillon de 1 000 Belges de plus de 18 ans

En bref :

Perte du pouvoir d’achat de l’épargne

Baisse des taux

Méfiance des épargnants

Reprise économique en cours